C. Édition citte, t. IV, p. 1 135 et suiv
aux attentats odieux plus tard préconisés par la Ligue. S'il plaît parfois a Dieu «de rompre les sceptres des méchants rois», ce n'est pas au chrétien qu'il appartient d'outrager l'autorité des supérieurs, quand même ces supérieurs seraient des «personnes très-indignes». Il n'est donné au chrétien d'autre mandement que d'obéir et souffrir.
Ainsi, de 1534 à 1557, la doctrine de Calvin est demeurée la même: il ne cesse de blâmer l'esprit de sédition. Obéir et souffrir: tel est, selon lui, le devoir du chrétien protestant.
C'est bien ainsi que le comprirent tous les martyrs évangéliques.
Claude Monier, brûlé vif à Roanne en 1551, rend compte à ses frères en Jésus-Christ, d'un premier interrogatoire qu'il a subi. On lit entre autres dans sa lettre conservée par Crespin : « Le fer, le bras, la chevalerie, ni autre force ■humaine n'a point de place en la guerre chrétienne. Laissons tout cela aux tyrans\ »
Et les grands capitaines huguenots, Condé, Dandelot, Coligny, avec quel noble accent de vérité no se défendentils pas d'avoir pris l'épée par ambition! Ils sont unanimes à déclarer que c'est l'ambition seule des adversaires de leur foi, leur insatiable cruauté qui les transforma en hommes de parti.
Le dernier historien des princes de Condé, le duc d'Aumale, dont on ne contestera pas la haute impartialité", a écrit à ce sujet quelques nobles paroles que l'on ne saurait trop méditer : « Dans tous les siècles, même les plus rudes, que le fanatisme domine ou que le doute agite les esprits, ce n'est jamais sans hésitation qu'un homme d'un grand cœur fait le dernier pas dans cette funeste voie de