Mémoires , etc., édition de ITSil, t. XLVIl, p
femmes, pour leurs enfants, de pratiquer à l'ombre de leurs foyers les vertus du chrétien.
S'ils coururent au-dev;uit des famines les plus épouvantables, s'ils s'exposèrent à rencontrer, parmi leurs adversaires, des amis de la veille, parfois leurs propres parents, ce ne fut point, on peut le croire, sans de terribles déchirements intérieurs. (Ju'on leur accordât franchement la liberté du culte, ils étaient au comble de leurs vœux.
Du temps de la conjuration d'Amboise, Coligny supplia la reine-mère de rétablir ,1a tranquillité dans le royaume en bridant le fanatisme catholique : un édit fut publié en conséquence, mais en même temps le parlement reçut ordre de faire des réserves secrètes qui le rendissent illusoire*. Et ainsi vingt autres fois. Trois ans plus tard, ce grand homme d'État laisse échapper cette plainte toute chrétienne : «C'est trop de pitié que de limiter ainsi certains lieux pour servir à Dieu, comme s'il ne le voulait être en tous endroits^ . )i
Quatre ans se passent. La sanglante bataille de Saint- Denis va se livrer. Coligny élève encore la voix pour demander un pasteur par bailliage, un pasteur par château. «Le roi ni moi ne l'entendons pas ainsi, lui répond le connétable; il n'y a qu'une bonne religion, celle du roi. Il ne peut vouloir qu'il y en ait deux dans son État.» On fait aux huguenots quelques concessions, quand la victoire est à eux; mais on déchire les édits rendus, dès qu'on pense pouvoir le faire impunément. On les déclare incapables des fonctions publiques, on fulmine l'interdiction de toute autre religion que la religion romaine, sous peine des biens et de la vie. Il n'y a qu'une bonne religion, leur répond la