‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 137 sur 154 · Uruiue 1)1 olcituiUe j t. l.\ , p. i(j(J · texte numérisé non relu

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dure, sans toucher aux choses de Dieu. Le roi, transpercé par ce trait qu'il n'aurait jamais prévu, bondit de fureur, jura qu'il le verrait brûler vif. II y alla, et il en fut épouvanté et malade. L'homme, dans ce supplice horrible, immobile et comme insensible, tint sur lui un œil de plomb, un regard fixe et pesant, comme la sentence de Dieu, Le roi pâlit, recula, s'en alla de la fenêtre. Il dit qu'il n'en verrait jamais d'autres de sa vie, »

Nous choisirons encore, au hasard, dans les nombreux récits du seizième siècle qui nous montrent les huguenots en proie à toutes lés tortures physiques et morales. Quelques-uns reculèrent; la plupart surent mourir, des paroles de foi sur les lèvres.

Antoine Fumée fut du nombre de ceux que la vue du supplice fit tressaillir. Reçu conseiller au parlement de Paris le 15 décembre 1536, il acquit la réputation de «bon juge, haïssant les vices, résistant souvent aux grands. » 11 manifesta, avec une noble indépendance, ses sympathies pour la nouvelle église ; mais quand il se trouva en face de ses juges qui venaient de condamner Anne du Bourg, il nia et fut rétabli dans ses honneurs. Il paraît cependant que sa conscience ne fut pas satisfaite ; on ne cessa de le soupçonner et il dut, en même temps que tous les protestants, sortir de la capitale en 1562'.

Jean Fournier qui, au rapport de Bèze, était im homme docte et de vie exemplaire, fut plus d'une fois à deux doigts de la mort. Il s'échappa, en 1550, de la prison de Toulouse, et prêcha, plus tard, l'Évangile à Loisy, en Brie, d'où il dut fuir en toute hâte. Arrêté par les catholiques qui le conduisirent dans les prisons de Sainte-Menehould, il allait être

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