‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 138 sur 154 · I. France pro(es(anie, t. V, p · texte numérisé non relu

I. France pro(es(anie, t. V, p

CIIAP. II. — DÉTAILS. .'loi

maiiyrisé, (iiiaml l'arrivée de Dandelol le sauva, llcjuis l'année suivante (1503), le pauvre ministre, toujours i)rèl à parler de l'abondance du cœui', fui torturé si cruellement qu'il fut longtemps sans pouvoir faire usage de ses membres disloqués. Celle fois-là ce fut le prince Porcien, passant prés de Châlons avec les reîtres qu'il reconduisait m Allemagne, qui le fit élargir. Fournier retourna ;'i l.oisy, où il mourut de la suite des mauvais traitements (pi'il avait subis '.

11 y eut des raffinements inouïs de cruauté. Selon f.estoile, le roi Charles IX aurait entendu un gentilhonmic, du nom de Coconnas, raconter entre autres choses, se vanhml de la Saint-Barthélémy, « qu'il avait racheté des mains du peuple jusques à trente huguenots pour le moins, pour avoir le contentement de les ûure mourir à son plaisir, qui était de leur faire renier leur religion, sous sa foi et promesse de leur sauver la vie : ce qu'ayant fait, il les poignardait, et faisait languir et mourir à petits coups très-cruellement'».

Les ministres furent naturellement des plus exposés ; quelques-uns seulement se rétractèrent. Celui de Ligueil, « plein de gaîté et de fortpaisilile esprit «, eut les yeux crevés et fut jeté, encore vivant, sur un tas de bois où il fut brûlé. Delavoye, qui prêcha la Réforme dans la Guyenne, refusa de fuir, bien qu'il fût averti à temps. «Non-seulement, dit-il, je suis prêt d'être lié en la ville de Bourdeaux, mais aussi d'y mourir pour Christ.» Il fut étranglé et brûlé en 1ôi2'.

La fureur des catholiques n'épargna pas même les enfants.

A Tours (dit Crespin), en 1562, on traîmi ;ï la rivière

Page 1