France protestante , t. V, p. III
2. Franco protestante, l. IV, p. 351. De Tliou, t. il. Selon Lcsioile, le roi avait juré qu'il le verrait brûler de sei> deux yeux. Mémoires, etc., éililiou l'oujoulal, l. I, p. I i.
804 ir PARTIE. — LA VIE DES HUGUENOTS.
vie. « Vous ne nous donnerez plus l'aumône ! » criaient ses protégés. — «Si ferai encore une fois» , dit-elle, en jetant ses pantoufles à une pauvre femme qui avait les pieds nus. Et voyant les juges aux fenêtres, elle ajouta ces paroles aux précédentes : « Ceux-là ont bien d'autres tourments que nous, car leur conscience les bourrelle... et nous sentons repos en souffrant pour Christ'. »
Un jeune Allemand catholique, qui se trouvait à Paris, en 1542, pour y continuer ses études, Eustathius de Knobelsdorf, raconte à un professeur de Bruges le martyre de deux luthériens. Rien de plus curieux que les réflexions naïves qui abondent dans ce récit d'un témoin oculaire ^ les aveux involontaires qu'il laisse échapper, les détails hideux qu'il rapporte en toute simplicité.
«Après de nombreuses processions — ainsi raconte le jeune étudiant allemand — un service général de supplications fut célébré avec beaucoup de pompe par tout le clergé et tout le peuple. Des prédicateurs furent chargés d'apprendre au peuple que le but principal de cette solennité était d'obtenir du ciel le succès des entreprises du roi et le relèvement de l'Église romaine, très-gravement menacée, et qu'en conséquence on brûlerait vifs, après la solennité, huit individus qui avaient mal parlé du siège apostolique.
«A peine le service de prières était-il terminé, que la foule se porta à la place Maubert pour y attendre les victimes. Mais ce jour-là rien ne fut fait. Les luthériens , à ce qu'on disait, en avaient appelé au parlement. J'^n ai vu brûler deux. Leur sort m'inspira des sentiments bien divers. Si vous y aviez été , vous auriez souhaité à ces infortmiés un châtiment moins rigoureux.