I. BuUelin, t. III, p
pas de pardon. Tenter d'adoucir leuris maux par l'envoi de quelque argent n'est pas moins dangereux. On doit craindre, à tous moments, de les voir succomber aux tortures de la faim, de la soif plus cruelles que le bûcher. Plusieurs sont entassés dans un étroit cachot nommé V Oubliette, espèce de cave sans air, sans lumière, qui mériterait mieux le nom de tombeau, et dans laquelle ils sont réduits à respirer l'odeur de leurs excréments. . . Ces malheureux succomberont à tant de souffrances ou aux putrides émanations de ces lieux, si Dieu lui-même ne les délivre par un miracle de sa main- ! »
C'est assez des exemples que nous avons empruntés aux historiens du seizième siècle, pour faire connaître à nos lecteurs les huguenots allant au martyre.
Ils suffisent également pour nous autoriser à dire que, si quelques-uns d'entre eux pâlirent et reculèrent à l'aspect des supplices, ces supplices mêmes, dépassant en cruauté les plus atroces tortures dont l'histoire fasse mention, furent acceptés, par des multitudes de calvinistes, avec une résignation admirable ; que dis-je ? avec une joie sereine qui dut réjouir les anges du ciel.