CHAPITRE III
Conclusion.
Il est temps de conclure.
Il y eut, dans les rangs des huguenots, l'ivraie à côté du pur froment. Et les meilleurs d'entre eux ne furent point parfaits.
Mais, où donc la perfection se trouve-t-ellc? Tout, icibas, n'est-il pas relatif? L'un des plus grands parmi les apôtres n'a-t-il pas confessé que le but auquel il tendait fuyait sans cesse devant lui ?
Bien plus : il serait souverainement injuste d'oublier que les hommes dont nous avons dépeint les mœurs ne purent s'affranchir, d'un coup, des erreurs et des passions du moyen âge.
Pour les juger, il faut procéder par voie de comparaison. Eh bien, que l'on compare leur vie avec celle de leurs contemporains. Que l'on mette leurs principes, leurs doctrines, leur foi, leur courage, leur patience, leur résignation, leur vie, en un mot, en regard de ceux du peuple catholique. Qu'on les suive sur les champs de bataille, jusqu'au pied des bûchers, au sein de leurs familles. Qu'on surprenne leurs naïves confidences s'épanchant dans des documents qui n'étaient pas rédigés en vue de la publicité; qu'on interroge leurs adversaires les plus passionnés : on sera bien forcé de convenir qu'ils furent, à tout prendre, de grands athlètes qui firent honneur à l'humanité non moins qu'au christianisme.