France prof es fonte , t. I, p
(jiic tant d'aiilics, il eût Itioii nimé demeurer catholique, pour échapper à la vie lourmeniée à la(|uclle devait s'attendre tout huguenot : « Le diable, avoue-t-il, se prévalant de mes doutes, me suggéra... d'étudier à fond les controverses en matière de religion, pour voir si je ne pourrais IMiiiil Irouver dans la romaine quelque ombre d'apparence d'y pouvcnr. faire mon salut...» Mais il résista au diable'. Coligny, on le sait, utilisa les loisirs de sa captivité après le siège tie Saint-Ouentin, pour étudier les livres que lui envoya son frère Dandelot. L'auteur de la Vie de Gaspard de Coliguf/ rapporte, à ce sujet, qu'ayant été bientôt aussi éclairé que Dandelot et formant des vœux ardents pour le service de Dieu, ses gens lui virent pousser des soupirs qu'ils attribuaient au regret qu'il avait de sa prison; ils ne se doutaient pas qu'ils étaient le résultat des luttes de cette grande âme af^miée de vérité. Son épouse, qui déjà était une fervente protestante, l'encourage par ses lettres. Calvin lui écrit le 4 septembre 1558 : « Je vous prierai de penser. . . que Dieu, en vous envoyant cette affliction, vous a voulu comme retirer à l'écart, pour être mieux escorté de lui. Car vous savez assez, Monseigneur, combien il est difficile, parmi les honneurs, richesses et forces du monde, de lui prêter l'oreille, pour ce qu'on est par trop distrait comme çà et là et comme évanoui... Nos vraies armes sont d'avoir du tout (entièrement) notre refuge à lui, le priant qu'il soit notre force.» Et, bien que le sang des confesseurs de la vérité coulât par toute la France, Coligny se rattacha ouvertement au j)roteslantisme. Il était du nombre de ces chrétiens que l'illustre réformateur appelle quelque |)art ses frères parce qu'on les voit « de tout leur pouvoir tâcher de parvenir au royaume de Dieu».