I. France protesta nti' , t II, p
48 r" PARTIE. — LA FOI DES HUGUENOTS.
d'une fois sous noire plume, Jeanne d'Albret écrit au roi : «Ma CONSCIENCE en sûreté, il n'y a point de condition que je ne fusse prête d'accepter dans la vue de plaire au roi....; mais j'aimerais mieux de descendre à la condition de la plus petite damoiselle de France, que de sacrifier à la grandeur de ma famille mon ame et celle de mon fils.» Parole où se reconnaît bien cette illustre reine qui, quelques années auparavant, avait choisi précisémenl le moment le plus difficile pour se dire luiguenote. Plus étaient grands les dangers qui l'entouraient, menaçants, plus elle éprouvait le besoin de se rapprocher de son Dieu en confessant ouvertement sa foi. La malheureuse entreprise d'A'mboise venait d'échouer. Jeanne ne larda pas à apprendre l'arrestation du prince de Condé el les périls que courait son mari. L'ordre même avait été donné d'envahir ses propres Etats et de l'arrêter avec ses enfants; une armée espagnole était déjà en marche. La reine se multiplie; elle-même voit tout, pourvoit à tout; elle garnit ses frontières de ses meilleures troupes, approvisionne ses places , et après avoir pris toutes ses dispositions pour conjurer une agression armée, elle se renferme avec ses enfants dans la place de Navarreins. Voyant donc, dit Bèze, que la confiance qu'elle avait eue dans les hommes était perdue et que tout secours humain lui défaillait, aétant touchée au vif de l'amour de Dieu, elle y eut recours, avec toute humilité, pleurs et larmes, comme à son seul refuge, protestant d'observer ses commandements, de sorte qu'au temps de sa plus grande tribulation elle fit profession de la pure doctrine S).
Le fameux d'Aubigné, lui aussi, nous a légué une de ces paroles énergiques qui sont des révélations. Non moins