I. France protestante ; t. V, art. Farel
ClIAP. IV. — LA RÉFORMi:, AITAIHK DE CONSCIENCE. 57
voire ortirc; ctir le pieinier qui nie bailla jamais une Bible en français et qui me la lit lire, ce fut un cordelier comme vous, et là dedans j'ai appris la religion que je tiens, qui seule est la vraie, et en lacjuelle ayant depuis vécu, je veux, par la grâce de Dieu, y mourir aujourd'hui.» — «Etant venu sur l'échafaud (continue Lestoile), il pria le peuple de prier Dieu pour lui, récita tout haut le symbole en la cojifession du(|uel il protesta de mourir; puis ayant fait sa j)rière à Dieu à la inoile de ceux de la religion, eut la tête tranchée ^ "
Un vieux récit de l'introduction de la Réforme dans la ville du Cateau en Cambrésis conmicncc ainsi : «Par espace de plusieurs années, plusieurs bons bourgeois avec leurs familles conversaient ensemble, communiquant les uns avec les autres familièrement les Saintes Écritures secrètement , n'ayant haidiesse de soi donnera connaître, pour la crainte des persécutions qui se faisaient par tout ce pays bas contre les frères de la sainte Évangile; néanmoins, la chosê'étant venue aucunement en liberté parmi le royaume de France, les bourgeois susdits conversant aux prêches qui se faisaient audit royaume de France, se sont de tant plus fortifiés en la connaissance de l'Évangile de notre Seigneur Jésus- Christ*.»
Ainsi la Bible produisait sur tous le même eftet, sur les bons bourgeois comme sur les savants docteurs, comme sur les princes les plus haut placés. Il suffisait (pi'elle fût lue sérieusement, consciencieusement. Le parlement et le clergé eurent beau lui déclarer une guerre à outrance; elle conquit bien vite la place d'honneur au foyer domestique.
En voici une vieille, imprimée chez Jean Durand, en
1. Mémoires, elr. Edition Michaud et Poujoulat. Mémoires de Lestoile, t. 1, p. 38.