Vauvilliers, t. II
CIIAP. II. — DÉTAILS. 217
Cette lettre' est de 1566. Jeanne ne tarda pas à appréhender que les racines de la pieté de son fds ne fussent guère profondes. «Je crains, dit-elle à Coligny, qu'il ne soit pas assez pieux, qui lui rt'pondit que les fils tiennent trop de leurs mères pour que le sien pût rester indifférent à l'Évangile » : si elle eût vécu quelques années de plus, il lui eût été trop aisé de constater que dans l'âme de Henri il y avait place pour tout, sauf pour Dieu.
Mais cette lettre si intéressante, ne prouve-t-ellepasune fois de plus que la reine de Navarre remplit aussi consciencieusement que possible son devoir de mère chrétienne?
Elle s'inspira des mêmes principes pour l'éducation de sa fille Catherine.
Pour l'avoir constamment sous les yeux, elle fit expressément élever, dans la partie la plus touffue du parc de Pau, un petit bâtiment où la jeune fille pût se livrer tout entière à ses études. Jeanne le nomma Castelbeziat, château chéri. Nul étranger ne pénétrait dans cette retraite de prédilection. C'est là que Catherine apprit les langues mortes sous la direction de Charles Macrin; les lettres et les beaux-arts sous celle de sa gouvernante, la sage baronne de Tignonville; les principes religieux, sous celle de sa mère.
Nous nous sommes arrêté avec une complaisance particulière devant la figure si attrayante de la reine de Navarre, parce que nulle autre n'est plus propre à mettre en évidence les principes pédagogiques des huguenots du seizième siècle.
Obéissant à la fois à son génie maternel et aux conseils évangéliques, Jeanne d'Albret n'oublia rien de ce qui pouvait contribuer au bonheur de son fils. Elle ne négligea ni