A Th. deUèzc. Bullelin, t. XVI, p
son corps, ni son intelligence, ni son imagination, ni surtout sa conscience.
Toute princesse qu'elle était, elle ne perdit jamais de vue l'éducation de ses enfants; elle s'en occupa le plus et le mieux qu'elle put, sachant bien que, pour ce qui est des choses de l'Ame, personne ne saurait remplacer la mère auprès de l'enfant. Elle ne réussit qu'à demi: les fruits de l'éducation trompent parfois les espérances les plus légitimes. Elle n'en fut pas moins une mère-modèle.
D'autres parents encore léguèrent à leurs enfants des exemples d'héroïsme chrétien cent fois plus efficaces que les plus beaux discours, et leur apprirent à préférer à la vie l'honneur et le service de Dieu.
A Navarreins, on voulut contraindre une femme huguenote, du nom de Miramonde, à abjurer. Elle était entourée de ses enfants et de son mari, vieillard infirme. Au milieu des douleurs de la torture : « Mes enfants, disaitelle, ne vous étonnez point; ayez bon courage: que la menace ni la douleur n'arrache jamais de votre bouche aucune plainte indigne de moi; il est bon de mourir pour la vérité, pour son Dieu : c'est acquérir une gloire immortelle'.»
Agrippa d'Aubigné n'avait que huit ans et demi quand son père, passant avec lui à Amboise où les têtes de ses compagnons se voyaient encore « sur un bout de potence , s'écria en présence de la foule : Ils ont décapité la France, les bourreaux!» Le jeune Agrippa, « ayant piqué près du père pour avoir vu à son visage une émotion non accoutumée, il lui mit la main sur la tête en disant : Mon enfant, il ne faut point que ta tête soit épargnée, après la mienne, pour venger ces chefs pleins d'honneur; si tu t'y épargnes, tu auras ma malédiction'!» Scène grandiose, où l'on voit