‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 112 sur 163 · I. France protestante . f. VI , p · texte numérisé non relu

I. France protestante . f. VI , p

Henri IV à se retirer de la conr. Un soir, il veillait, avec Armagnac, auprès de son maître. Ils ont «l'oreille près du chevet» de Henri, l'entendent soupirer, puis chanter le Psaume LXXXVIII, au couplet qui déplore l'éloignenient des fidèles amis. «Armagnac pressa l'autre de prendre ce temps pour parler hardiment.» Le rideau ouvert, d'Aubigné prend la parole, pour dire à son maître de dures vérités: « Sire, il est donc vrai que l'Esprit de Dieu travaille et habite encore en vous? Vous soupirez à Dieu pour l'absence de vos amis et fidèles serviteurs, et en même temps ils sont ensemble soupirant pour la vôtre et travaillant à votre liberté ; mais vous n'avez que des larmes aux yeux et eux les armes aijx

mains; ils combattent vos ennemis et vous les servez »

et continue ainsi, pendant quelque temps, à tracer, entre le futur roi de France et ses amis, un parallèle que le roi dut écouter, bien qu'il ne fôt pas entièrement de son goût*. Coligny entendit, dans des circonstances particulières, un de ses amis lui adresser une parole de relèvement qui lui alla droit au cœur. L'amiral avait été blessé à la bataille de Montcontour. Il était sans argent, abandonné de tous les grands, en face d'ennemis puissants sans pitié. Comme on le portait en une litière, l'Estrange, vieux gentilhomme et l'un de ses principaux conseillers, «cheminant en même équipage et blessé, fit en un chemin large avancer sa litière au front de l'autre; et puis, avançant la tête à la portière, regarde fixement son chef, se sépare la larme à l'œil, avec ces paroles : Si est-ce que Dieu est très-doux l Là-dessus ils se dirent adieu , bien unis de pensées , sans pouvoir dire davantage». Ce grand capitaine, ajoute d'Aubigné, a confessé à ses privés que ce petit mot d'ami l'avait relevé et

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