Vauvilliers, t. lll, p
Le§ serviteurs, à leur tour, témoignèrent à leurs maîtres, en plus d'une occasion, une fidélité à toute épreuve; l'histoire a consigné, dans ses annales, plus d'un trait touchant qui prouve ce que nous avançons. Nous en citerons un seul.
Un jeune homme, du nom de Jean Joery, avait quitté Montauban, qji il avait été élevé, pour se retirer à Genève. En 1551, poussé soit par le zèle religieux, soit par le désir de revoir sa terre natale, il résolut de retourner dans son pays, se mit en route , emportant dans ses bagages quelques livres de controverse; son jeune domestique l'accompagnait. A Mende, ils furent arrêtés et condamnés au feu. Joery en appela au parlement de Toulouse, devant lequel il confessa franchement sa foi, ainsi que son serviteur, qui déclara qu'il voulait vivre et mourir dans la religion de son maître. Cependant, sur le bûcher, le courage du jeune domestique chancela; il fondit en larmes et parut un instant prêt à céder à l'influence «de plusieurs caphars {sic) qui le sollicitaient d'invoquer la vierge Marie». Joery s'en aperçut. S'en approchant: «Eh quoi, mon frère, lui dit-il, tu pleures? Et ne saistu pas que nous allons voir notre bon Maître , et que nous serons bientôt hors des misères de ce monde?» A quoi le serviteur répondit : «Je pleurais parce que vous n'étiez avec moi.» Et séchant ses larmes, il unit sa voix à celle de son maître pour chanter les louanges du Seigneur; ils expirèrent ensemble dans les flamipes \
De fortes amitiés, franches, sincères, durables à l'épreuve, se rencontrèrent souvent chez les huguenots, qui connaissaient cette parole de l'Écriture: Un fidèle ami aime en tout temps. . . . (Proverbes, XVII, 17.)
D'Aubigné avait fait l'impossible , en 1575, pour engager