I. France protestante, t. V, p
martyrisé, quand l'arrivée de Dandelot le sauva. Repris l'année suivante (1563), le pauvre ministre, toujours prêt à parler de l'abondance du cœur, fut torturé si cruellement qu'il fut longtemps sans pouvoir faire usage de ses membres disloqués. Cette fois-là ce fut le prince Porcien, passant près de Châlons avec les reîtres qu'il reconduisait en Allemagne, qui le fit élargir. Fournier retourna à Loisy, où il mourut de la suite des mauvais traitements qu'il avait subis ',
Il y eut des raffinements inouïs^ de cruauté. Selon Lestoile, le roi Charles IX aurait entendu un gentilhomme, du nom de Coconnas, raconter entre autres choses, se vantant de la Saint-Barthélémy, « qu'il avait racheté des mains du peuple jusques à trente huguenots pour le moins, pour avoir le contentement de les faire mourir à son plaisir, qui était de leur faire renier leur religion, sous sa foi et promesse de leur sauver la vie : ce qu'ayant fait, il les poignardait , et faisait languir et mourir à petits coups très-cruellement'».
Les ministres furent naturellement des plus exposés; quelques-uns seulement se rétractèrent. Celui de Ligueil, «plein de gaîté et de fort paisible esprit », eut les yeux crevés et fut jeté, encore vivant, sur un tas de bois où il fut brûlé. Delavoye, qui prêcha la Réforme dans la Guyenne, refusa de fuir, bien qu'il fût averti à temps. «Non-seulement, dit-il, je suis prêt d'être lié en la ville de Bourdeaux, mais aussi d'y mourir pour Christ.» Il fut étranglé et brûlé en 15421
La fureur des cathoUques n'épargna pas même les enfants.
A Tours (dit Crespin), en 1562, on traîna à la rivière