‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 151 sur 163 · Mémoires, etc., collection Poujoulat, t. 1, p · texte numérisé non relu

Mémoires, etc., collection Poujoulat, t. 1, p

Retournons à la question spéciale qui nous occupe.

Quand l'amiral se rendit à Paris pour les noces du roi de Navarre, une paysanne de Châtillon se jeta à ses pieds, lui embrassant les genoux «par grande affection ». «Ah! Monsieur! Monsieur! notre bon maître, où vous allez-vous perdre? disait-elle en pleurant et criant; je ne vous verrai jamais, si vous allez une fois à Paris, car vous y mourrez, vous et tous ceux qui iront avec vous. Au moins (ce lui disait cette bonne femme), si vous n'avez pitié de vous. Monsieur, ayez-le de Madame, de vos enfants et de tant de gens de bien qui y périront à votre occasion. » Et comme l'amiral la rebutait, lui disant qu'elle s'en allât et qu'elle n'était pas bien sage, celte pauvre femme alla se jeter aux genoux de M""® l'amirale, pour la prier d'empêcher le départ de son mari. Entendu (ajoute le chroniqueur) de la bouche d'un qui l'a vu et ouï '.

Lestoile a recueilli une foule de récits merveilleux.

Il raconte qu'au mois de novembre 1572 une nouvelle étoile se voyait à Paris et partout « avec grande admiration de tout le monde. Bèze et autres poètes huguenots comparaient celte étoile à celle qui apparut aux mages, et le roi Charles à Hérode^».

La veille de la bataille de Dreux, le prince de Condé dit à Bèze qui avait fait la prière dans sa chambre : « Il faut que je vous dise ce que j'ai songé la nuit passée, encore que je sache qu'il ne se faut 'point arrêter aux songes : il me semble que j'avais donné trois batailles l'une après l'autre que j'avais gagnées ; et y avais vu nos trois ennemis morts, mais que j'y avais aussi été blessé à mort; tellement toutefois que les ayant tous trois fait mettre morts les uns

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