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316 ir PARTIE. — LA VIE DES HUGUENOTS.
deur du feu du ciel «qui apporta élonnement et soupçon de présage de quelque grand mal'».
Jean de Mergey^ sait aussi rapporter d'étranges événements. A propos du siège de Saint-Quentin, voici ce qu'il raconte : «Je veux bien mettre ici un mauvais présage que nous eûmes de ladite entreprise : c'est que mondit sieur le comte (de la Rochefoucault) et M. de la Capelle Biron qui était là avec sa compagnie de gens d'armes, étant à cheval en la place dudit Han , faisant sortir les troupes pour s'acheminer, un grand chien tout noir se vint présenter devant eux et se mit à hurler sans cesse et, quelque chose
qu'on chassât ledît chien, il retournait toujours et continuait ses hurlements; lors M. le comte, adressant sa parole audit sieur de la Capelle Biron, lui dit: «Que vous semhle de «ceci, mon père?» qui lui répondit: Parbieu, mon fils (car c'était son serment), qu'il ne savait qu'en dire, mais que c'était une musique mal plaisante. M. le connétable, répliquant, lui dit : «Je crois, mon père, que nous allons four- «nir la comédie. — Parbieu, je le crois», répondit-il; et se trouva la prophétie dudit sieur comte véritable, car le lendemain la tragédie fut jouée.»
Il n'y a pas jusqu'au grave d'Aubigné qui ne prenne plaisir à orner ses livres de récits merveilleux. 11 affirme entre autres qu'après le massacre de Vassy un enfant huguenot, jeté dans la rivière, «fut porté sur l'eau, la main droite levée en haut'». En un autre endroit de son Histoire, il raconte, lui aussi, que la mort du cardinal Charles de Lorraine fut marquée par deux prodiges : les vents furent remplis d'une fulguration si puissante, qu'en plusieurs endroits