‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 22 sur 163 · I. France protestante , t. V, art. Hamelin · texte numérisé non relu

I. France protestante , t. V, art. Hamelin

à qui leur conscience défendrait d'obéir. Au lieu de se souiller par ce qu'ils regardaient comme un acte d'idolâtrie, dix-neuf protestants se retirèrent dans la maison où se tenaient leurs assemblées ordinaires. Ils ne tardèrent pas à y être investis par les catholiques ayant l'évêque à leur tête. Tant que l'émeute s'en tint aux vociférations et aux menaces, les dix-neuf fidèles se bornèrent à chanter les louanges de Dieu. Plusieurs heures se passèrent ainsi. Enfin l'évêque, impatienté, ordonna d'amener le canon et fit enfoncer les portes de la maison. Forcés de défendre leurs vies, les protestants qui avaient «bonne munition» firent usage de leurs armes et tuèrent deux ou trois assaillants, au nombre desquels était un prêtre. L'émeute se dissipa comme par enchantement ; mais le lendemain elle recommença et plusieurs maisons suspectes furent dévastées*.

Nous venons de démontrer par des exemples trop nombreux peut-être et empruntés, à dessein, à différentes périodes de l'histoire du seizième siècle, que le protestantisme fut, pour les huguenots, affaire de conscience. Les hommes, non moins que les femmes, en se déterminant à se déclarer protestants, ne faisaient qu'obéir à des convictions sincères, sérieusement acquises.

Nous voudrions à présent étudier ces convictions ellesmêmes, rappeler la source d'où elles émanèrent, les formes qu'elle revêtit, faire connaître enfin les prescriptions synodales et disciphnaires qui furent créées pour en régler les développements et en surveiller les écarts.

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