Pra7ice protestante , t. V, art. Farei
voire ordre; car le premier qui me bailla jamais une Bible en français et qui me la fit lire, ce fut un cordelier comme vous, et là dedans j'ai appris la religion que je liens, qui seule est la vraie, et en laquelle ayant depuis vécu, je veux, par la grâce de Dieu, y mourir aujourd'hui.» — «Etant venu sur l'échafaud (continue Lestoile), il pria le peuple de prier Dieu pour lui, récita tout haut le symbole en la confession duquel il protesta de mourir; puis ayant fait sa prière à Dieu à la mode de ceux de la religion, eut la tête tranchée *. » ^ Un vieux récit de l'introduction de la Réforme dans la ville du Cateau en Cambrésis commence ainsi : «Par espace de plusieurs années, plusieurs bons bourgeois avec leurs familles conversaient ensemble, communiquant les uns avec les autres familièrement les Saintes Écritures secrètement, n'ayant hardiesse de soi donnera connaître, pour la crainte des persécutions qui se faisaient par tout ce pays bas contre les frères de la sainte Évangile; néanmoins, la chose étant venue aucunement en liberté parmi le royaume de France, les bourgeois susdits conversant aux prêches qui se faisaient audit royaume de France, se sont de tant plus fortifiés en la connaissance de l'Évangile de notre Seigneur Jésus- Christ'.»
Ainsi la Bible produisait sur tous le même effet, sur les bons bourgeois comme sur les savants docteurs, comme sur les princes les plus haut placés. Il suffisait qu'elle fût lue sérieusement, consciencieusement. Le parlement et le clergé eurent beau lui déclarer une guerre à outrance; elle conquit bien vite la place d'honneur au foyer domestique.
En voici une vieille, imprimée chez Jean Durand, en
1. Mémoires, etc. Édition Michaud et Poujoulat. Mémoires de Lestoile, t. I, p. 38.