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CHAPITRE II

Premiers commencements de la Réforme en France.

La Réforme, facile : tiers, état; prélats; génie de la nation.

La Réforme, difficile : le peuple; la noblesse ; le roi; le clergé ; la haute magistrature. — Rapides progrès de la Réforme : Sismondi ; Duplessis-Mornay; le duc d'Aumale ; Brantôme; FI. de Rémond. — Le luthéranisme pullule à Paris dès 1525.

Il semblait que les doctrines de la Réforme dussent trouver en France l'accueil le plus empressé.

Le tiers état, non-seulement désirait ardemment la réforme d'une constitution encore empreinte de l'esprit féodal, mais encore n'éprouvait que du mépris pour des prêtres sans foi, sans lumières, sans moralité, plus avides de s'enrichir que de prêcher l'Évangile.

Les prélats les plus éminents réclamaient eux-mêmes des réformes; la noblesse voyait d'un œil jaloux les privilèges du clergé; le lien qui unissait les rois de France au saint-siége s'était relâché au point de ne plus exister.

Le génie de la nation la portait vers les grandes choses.

Les grands seigneurs se livraient à des passe-temps devant lesquels reculeraient aujourd'hui les esprits les plus audacieux. Nous avons remarqué, dans un auteur du temps, une page où se montre à nu une hardiesse, chevaleresque jusqu'à la folie. « Les galants de M. d'Orléans avaient promis un temps de ne marcher aux villes que par-dessus les maisons, sautant de toit à autre les rues étroites; se précipitent (sic) dans les puits, font passer les chevaux à travers les flammes. Le sieur de Tavannes, à Fontainebleau, fait sauter son cheval d'une roche à l'autre , de la largeur de vingt-huit pieds, accompagne son maître où l'ardeur de

jeunesse le porte, à se battre à coups d'épée, inconnus, faisant embuscade aux siens propres pour s'éprouver, blesse

et est blessé se jouant » — « Ceci, ajoute naïvement le

chroniqueur, est écrit non pour louanges, mais pour connaître les folies de ce femps-là , duquel sortirent tant de gens valeureux \y>

Pures folies, je le crois bien. Mais que ces hommes, non moins vigoureux d'esprit que de corps, en vinssent à s'occuper des questions religieuses : il était à prévoir qu'ils s'y porteraient tout entiers, avec passion, hardis à secouer le joug de la tradition , impétueux à l'attaque , opiniâtres à se défendre; on pouvait s'attendre à des chocs effrayants entre les esprits, à des luttes héroïques, à des prodiges de bravoure intellectuelle.

Mais que l'on aille au fond , que l'on pénètre plus avant, et l'on comprendra le sort épouvantable qui attendait les huguenots.

Le peuple, habitué à un culte matériel, dut voir, d'un œil indifférent d'abord, puis avec une hostilité croissante, ces hommes qui allaient parcourir le pays, prêchant avec feu contre ces formes religieuses si contraires à l'Evangile, mais si chères à la piété catholique.

Parmi les nobles il en était beaucoup qui possédaient en commende de riches bénéfices dont le sort était intimement lié à celui des richesses du clergé. De là , des conflits inévitables entre leurs convictions et leurs intérêts; que de fois ceux-ci n'allaient-ils pas triompher !

François P*" se croyait des droits sur le duché do Milan et le royaume de Naples; pour les faire valoir, le concours du pape lui était indispensable.

1. Mémoires de Gaspard de Suulx , seigneur de Ta vannes. T. VIII de la collertion des Mémoires pour servir ù l'Histoire de France par Michaud et Poujoulat, p. 8 de la Notice.

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