‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 57 sur 163 · Floriiuoiid de HaernonJ, [t · texte numérisé non relu

Floriiuoiid de HaernonJ, [t

cnAP. I. — JUGEMENTS d'ensemble. 129

simples femmeletles chercher les tourments pour faire preuve de leur foi et courir à la mort en chantant des psaumes et en invoquant le nom du Christ; les jeunes vierges marcher plus gaîment au supplice qu'elles n'eussent fait au lit nuptial; les hommes se réjouir en voyant les terribles apprêts et outils de mort qu'on leur avait préparés et, «mi-brûlés et rôtis, contempler du haut des bûchers, d'un courage invaincu, les coups des tenailles reçus, porter un visage et maintien joyeux entre les crochets des bourreaux, être comme des rochers contre les ondes de la douleur, bref: mourir en riant », ces tristes spectacles qui se renouvelaient sans cesse jetaient le trouble non-seulement en l'âme des simples, mais des plus grands qui ne pouvaient se persuader que ces gens n'eussent la raison de leur côté. D'autres en avaient compassion ; ils étaient «marris de les voir ainsi persécutés. Et contemplant dans les places publiques ces noires carcasses suspendues en l'air, avec des chaînes vilaines, reste des supplices, ils ne pouvaient contenir leurs larmes; les cœurs mêmes pleuraient avec les yeux. Cependant les curieux désiraient voir leurs livres, et savoir le fond de leur créance, et pourquoi on les faisait mourir; et n'ayant d'autre guide que leur propre sens et jugement, quelques-uns se laissaient séduire, embrassant avec telle opiniâtreté les premières impressions qui leur entraient en tête, qu'il n'y avait crainte de mort ni espèce de tourment qui les en pût arracher; il semblait que plus on en envoyait au feu, d'autant plus on envoyait renaître de leurs cendres*». Bien plus : Raemond lui-même, le croirait-on? fut sur le point de se déclarer huguenot, lui qui, dans son gros livre, ne fait que tourner en dérision le culte des réformés, ses fon-

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