‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 63 sur 163 · France prolestante , t. V, p · texte numérisé non relu

France prolestante , t. V, p

tombé entre les mains de l'ennemi, fut enfermé, en 1591 , dans le château de Nantes. Dans un cachot de ce château était détenu, en attendant le bûcher, un cordelier accusé de protestantisme, qui, l'entendant jurer et blasphémer (car ce jeune seigneur était «des plus vicieux et des plus emportés à renier Dieu qui se pût trouver »), se mit à lui adresser les plus vifs reproches. « Entendant un tel jargon de la basse-fosse en haut, par un trou qui était au plancher, lit-on dansCrespin, le cordelier criait avec véhémence, faisait des remontrances et des menaces à ce grand jureur qui, avec blasphèmes, se moquait de lui et lui disait qu'il eût dû penser à la rude mort qu'on lui préparait et non pas à corriger les autres.» La Tremblaye finit pourtant par éprouver le désir de voir cet infatigable sermonneur qui, jusque sous les verrous, ne songeait qu'à témoigner de sa foi, et, à plusieurs reprises, lorsque tout le monde s'était retiré, il «le tira à lui par le trou avec des linceuls ». Avant de monter sur le bûcher, le pauvre martyr eut la satisfaction d'opérer une conversion des plus admirables. Le jeune capitaine, il est vrai, n'abjura qu'en 1597; mais il changea (lu moins de manière de vivre; la fidélité chrétienne du pauvre cordelier avait convaincu le gentilhomme '.

Éléonore de Roye, princesse de Condé, mérita, par sa constance, d'être appelée par un abbé une princesse belle, riche et très-vertueuse, mais aussi très-obstinée huguenote; un autre historien voit en elle la perle des princesses de son temps.

Nous avons parlé plus haut de l'incarcération de Dandelot, frère cadet de Coligny, que Henri II, dont il était le favori, fit emprisonner, parce qu'il avait fait prêcher la

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