‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 79 sur 163 · Dargaud, t. II, p · texte numérisé non relu

Dargaud, t. II, p

2. France proleslante , t. VI, p. 3i2. Bulletin, t. XIII, p. 306.

des balles, qu'elles fournissaient à ceux qui tiraient; d'autres encore , avec les enfants et autres personnes inhabiles aux armes , «étant arrangées par les rues, combattaient avec prières, les mains tendues au ciel '».

Au siège de la Rochelle, en 1573, «les femmes prirent les armes de leurs maris, blessés ou las;... même on vint aux mains dedans les mines avec lances à feu, le pistolet et l'épée, dit d'Aubigné, et à ce jeu se trouvèrent phisieurs femmes-». La même année, au siège de Sommières, non loin de Montpellier, «les femmes (raconte le même historien), qui contrefaisaient les Rocheloises, portaient les artifices de feux et les chausse-trappes '» ; la Saint-Barlhé-

lemy les avait transformées en soldats.

La dame de Neuvi-Benegon fut plus héroïque encore. Montaré, lieutenant du roi en Bourbonnais, l'ayant assiégée en sa maison avec deux mille hommes, deux canons et deux petites pièces , elle prit sa place sur la brèche la plus dangereuse, une pique à la main. Ses soldats, faisant de honte courage, se défendirent à sa vue si opiniâtrement, «que la force ne leur fit rien»: ils ne se rendirent que quand la famine les y obligea. Le roi, ayant ouï parler de la vaillance de cette héroïne, la fit mettre en liberté. «Cette v-ertu rare, ajoute d'Aubigné , trouva la courtoisie qui était aussi rare en ce temps-là*.»

Lestoile nous fait savoir que, le 13 juin 1574, arriva à Paris la nouvelle de la prise de Saint-Lô par les catholiques. «Le capitaine Colombières, continue-l-il , qui y commandait dedans pour les huguenots, ayant été tué sur la brèche et

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