Idem , t. I, p. ii
un sien fils auprès de lui , tout fut mis au fil de l'épée , jusques aux femmes mêmes qu'on disait avoir durant le siège et audit assaut fait merveilles de bien secourir leurs hommes, de tout ce que femmes peuvent servir en telles affaires*.»
L'année suivante, quand le roi fit donner l'assaut à Liveron, on remarqua également «l'opiniâtre résolution des huguenots à se bien défendre, ^ws^wes aux femmes, qui, non moins courageusement et vaillamment que les hommes, combattaient à la brèche, ce qui fit lever le siège*».
Le maréchal de Bellegarde assiégeait la ville depuis quelques jours, quand le roi, qui passait près de là, s'étant arrêté dans le camp, les assiégés firent une décharge générale de leur artillerie, en criant: «Hau, massacreurs, vous ne nous poignarderez pas dedans nos lits, comme vous avez fait famiral. Amenez-nous un peu vos mignons, godronnés et parfumés; qu'ils viennent voir nos femmes : ils verront si c'est proie aisée à emporter !» L'assaut fut repoussé avec vigueur.
Quand, en 1573, le duc d'Anjou (Henri III) assiégea la Rochelle, on vit encore les femmes, fières d'aider à la défense de leurs foyers, accabler les assaillants de pierres, de feux d'artifice, d'huile bouillante, bravant le feu de la mousqueterie et du canon avec autant de sang-froid que les plus intrépides guerriers. Les enfants rivalisèrent de bravoure avec leurs pères, et les ministres, devenus soldats dans cet immense danger, les encouragèrent tous par leur exemple'.
On remarquera que, sauf de rares exceptions, c'est la Saint-Barthélémy qui porta les femmes huguenotes à prendre, elles aussi , les armes, tant était grande l'exaspération