CIIAP. II. — COMMENCEMENTS DE LA RÉFORME
de Valois, épouse de Henri IV, toute la cour était infectée d' hérésie \
On ne saurait trop le redire : la Kéfornie trouva , dès ses premiers jours, des amis dans tous les rangs de la société, Florimond deRémond, l'ennemi jurédes réformés, que nous aurons à citer plus d'une fois, Rémond en fait l'aveu : «Surtout les peintres, horlogers, imagiers, orfèvres, libraires, imprimeurs et autres qui, en leur métier, ont quelque noblesse d'esprit, furent des premiers aisés à surprendre.» L'évêque Joachim du Bellay signait ses lettres à Mélanchton : «le vôtre, de cœur». En 1533, Marguerite de Valois fit ouvrir les chaires de Paris à des hommes tels que Gérard Roussel, qui inclinait vers les doctrines de la Réforme. François P"" lui-même, à différentes reprises, témoigna de la sympathie à la cause protestante; elle trouva tant d'amis en France que , d'après le cardinal de Sainte-Croix, le royaume, de 15G1 à 1565, était à demi huguenotl
Il y a plus. On lit dans les Registres du parlement de Paris, en date du 20 mars 1525 ^ que l'hérésie est grande et pullule en ce royaume. Il résulte de ces documents précieux et dont l'authenticité ne saurait être mise en doute , que le luthéranisme qui, dés 1525, pullulait à Paris et dans les provinces, y avait surtout pénétré par les classes élevées et intelHgentes; que la nouvelle doctrine s'était plus particulièrement répandue à Meaux , avec une grande rapidité; que déjà même elle avait trouvé quelques partisans parmi les membres du parlement; que les campagnes, elles aussi j commençaient à l'adopter; enfin, que les progrès
1. Mémoùes de Marguerite de Valois. Collection universelle des mémoires particuliers relatifs à lliistoire de France. 1789, t. LU, p. 1 46.