‹ Les HuguenotsChapitre 16 sur 71 · AIR · texte numérisé non relu

AIR

MARGUERITE

0 beau pays de la Touraine!

Riants jardins, verte fontaine, Ruisseau qui murmures à peine, Que sur tes bords j'aime à rêver!

Belles forêts, sombre feuillage, Cachez-moi bien sous votre ombrage»

Et que la foudre ou que l'orale Jusqu'à moi ne puisse arriver 1

Que Luther ou Calvin ensanglantent la terre

De leurs débats religieux ; Des ministres du ciel que la marale austère

Nous épouvante au nom des cieux ;

Raison austère, Humeur sévère, Ne régnent guère Dans notre cour '.

Sous mon empire, On ne respire Que pour sourire Au dieu d'Amour.

LE CHOEUR

Sombre folie, Ou pruderie, Soyez bannie De ce séjour I Sous son empire, On ne respire Que pour sourire Au dieu d'Amour.

MARGUERITE

Oui, je veux chaque jour

Aux échos d'alentour Redire nos refrains d'amour :

Écoutez... écoutez... les échos d'alentour Ont appris nos refrains d'amour.

(L'orchestre imite l'écho dont Marguerite répète iet

Amour :... amour!...

Oui, déjà la fauvette Dans les airs le répète, Et des tendres ramiers les sons mélodieux Se perdent en mourant sur les tlots amoureux.

Sombre folie, Ou pruderie.

LES HUGUENOTS lui

Soyez bannie De notre cour !

Sous notre empire, On ne respire Que pour sourire Au dieu d'Amour.

A ce mot seul s'anime et renaît la nature, Les oiseaux l'ont redit sous l'épaisse verdure ; le ruisseau le répète avec un doux murmure ;

Les ondes, la terre et les cieux

Redisent nos chants amoureux.

URBAIN, à part, la regardant et soupirant.

Que notre reine est belle, hélas ! et quel dommage I

MARGUERITE

Eh 1 de quoi te plains-tu ?

URBAIN

De n'être rien — qu'un page!

Page discret, et fidèle, et soumis !

MARGUERITE, souriant et montrant ses demoiselles d'honneur.

De ces dames pourtant ce n'est pas là l'avis 1

URBAIN, virement.

Ah I madame !

MARGUERITE, s'asseyant nonchalamment.

Tais-toi ! — La journée est brûlante, Et du soleil d'août la chaleur accablante !

(A ses lemmes.)

Sous ce riant feuillage, et dans le sein des eaux Dont le Cher embellit les bords de Chenonceaux, Nous irons, quand du jour s'amortira l'ardeur, D'un bain délicieux savourer la fraîcheur. Allez, disposez tout.

(Les femmes sortent toute* o*r la gauche, et au haut du rand escalie* â droite, on voit onraitre Valentine.)

f02 OPÉRAS — BALLETS

MARGUERITE, à Urbain.

Qui vient là, je vous prie ?

URBAIN

De vos oemoiselles d'honneur La plus jeune et la plus jolie.

MARGUEB1T&-

' C'est Valentine I

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