‹ Les HuguenotsChapitre 17 sur 71 · SCÈNE n · texte numérisé non relu

SCÈNE n

Les mêmes ; VALENTINE.

MARGUERITE

Approche sans frayenr.

URBAIN

À la cour arrivée à peine, Déjà de notre souveraine Elle est la favorite !

MARGUERITE

Oui, je Tai vue gémir, Et les pleurs ont toujours le don a'e m'attendrir,

URBAIN, a part.

Ah!... je ne rirai plus-

MARGUERITE, à Valeutine.

Ma fille, allons, courage I Dis-moi le résultat de ton hardi voyage.

VALENTINE

Le comte de Nevers sur l'honneur a promis De refuser ma main.

MARGUERITE

Alors tout est facile, Et je te réponds, moi... sans être bien habile. Qu'un autre h*men bientôt...

.KS HOGUENOTS

VALENTINE, troublée.

0 ciel !

MARGUERITE, souriant.

Quoi ! tu rougis.

(Valentine baisse les yeux.)

Ah ! tu l'aimes donc bien !... et pourquoi t'en défendre?

Mérite-t-il du moins un intérêt si tendre ? Mon beau page, toi qui l'as vu, Réponds pour elle, qu'en dis-tu ?

URBAIN

Autant que chevalier de France Il a l'air noble et généreux.

MARGUERITE

L'un pour l'autre le ciel vous a faits tous les deux.

Non, madame, le ciel proscrit cette alliance : Nos cultes sont différents.

MARGUERITE

Oh 1 l'amour ne connaît ni les dieux ni les rangs.

URBAIN, regardant Marguerite.

Quoi! l'amour ne connaît ni les Dieux ni les rangs?

MARGUERITE

Et pour moi catholique... un hymen se prépare, C'est un secret... avec Henri, roi de Navarre, TTn des chefs protestants.

URBAIN, avec douleur.

0 ciel! pour vous, madame, un hymen se prépare!

MARGUERITE, le regardent.

Qu'avez-vous donc?

URBAIN, soupir t«t.

Moi? rien.

MARGUERITE, ave« intérêt.

Pauvre Urbain !

(A Valentina.)

Et j'entends Que votre hymen se fasse en même temps.

Oh ! c'est impossible... et mon père ?

MARGUERITE

Je l'ai vu, je dois croire à ses nobles serments.

VALENTINE, timidement.

Oui!... mais Raoul?

MARGUERITE

Eh bien 1 ma chère, D va venir.

VALENTINE, effrayée.

0 ciel! jamais je n'oserai...

MARGUERITE, souriant.

Yraiment... jamais?

(Gaiement.)

Alors c'est moi qui le verrai.

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