‹ Les HuguenotsChapitre 20 sur 71 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

MAPiGUERITE, RAOUL, ayant toujours un bandeau sur les yenr« MARGUERITE.

Pareille loyauté mérite récompense.

Nous sommes seuls, beau chevalier, Et je veux bien, dans ma clémence, De vos serments vous délier.

Otez ce voile !

RAOUL, «rnchant le bandeau et regardant autour de lui.

0 ciel ! où suis-je ?

De mes yeux éblouis n'est-ce pas un prestige ?

DUO

Beauté divine, enchanteresse, 0 vous qui régnez en ces lieux, Répondez, mortelle ou déesse, Suis-je sur terre ou dans les cieux ?

MARGUERITE, le regardant.

Alil de l'objet de sa tendresse Jc conçois le trouble amoureux.

Il est fort bien ; reine ou princesse En aucun temps n'eût choisi mieux.

RAOUL

Ah ! je ne sais à voire vue

Quel charme subjugue mon cœur !

MARGUERITE, à part.

Vraiment !... et sans être connue !

Pour une reine c'est flatteur 1

RAOUL, s'animant.

D'un chevalier fidèle acceptez le servage.

MARGUERITE, souriant.

De son obéissance il me faudrait un gage.

RAOUL

Ah ! je le jure à vos genoux, A vos ordres soumis, parlez, je suis à vous; Vos vœux je les remplirai tous.

MARGUERITE, »' arrêtant et le regardant en hésitant un peu.

Ah I... Ah !...

Ensemble.

(A part.^

Si j'étais coquette, Pareille conquête Serait bientôt faite; Mais non 1... et je doi, Alors que sa belle Compte sur mon zèle, Lui plaire pour elle E uol pas pour moi

RAOUL, à part.

Oui, cette conquête Va par sa défaite Punir la coquette Qui trahit ma foi.

Une ardeur nouvelle M'enflamme pour elle, Et mon cœur fidèle Vivra sous sa loi.

(A haute voix, arec chaleur.)

A vous et ma vie et mon àme!

A vous mon épée et mon bras!

Pour son Dieu, l'honneur et sa dame, Heureux qui brave le trépas 1

MARGUERITE

J'aime cette ardeur qui l'eiLÎamme ; Mais calmez-vous, car mes seuls vœux Sont ici de vous rendre heureux.

RAOUL, étonné.

Que dites-vous?

MARGUERITE

Tels sont mes ordres rigoureux.

Mais il faut m'obéir.

RAOUL

Je le jure, madame.

MARGUERITB, arec «atîsf«ctioB.

Cest bien, c'est tout ce que je veux.

(A part, 1« regardant areo on léger soupir»;

Ah!...

Ensemble.

Si j'étais coquette, Pareille conquête Serait bientôt faite ; Mais, non!... et je doi Alors que sa belle Compte sur mon zèle, Lui plaire pour elle fit non Das pour moi*

Oui, cette conquête Va par sa défaite Punir la coquette Qui trahit ma foi.

Une ardeur nouvelle M'enflamme pou. elle, Et mon cœur fidèle Vivra sous sa loi.

Page 1