‹ Les HuguenotsChapitre 58 sur 71 · VALENT L\E · texte numérisé non relu

VALENT L\E

D; embrasser ma croyance.

RAOUL

Quand je serais flétri seriez-vous plus à moi ? Tout nous sépare.

VALENTINE

Oh ! non ! je puis aimer sans crime A présent!

MARCEL

Oui, Nevers, ennemi généreux, Marrachant aux bourreaux dont j'étais la victime, A succombé lui-même, assassiné par eux !

RAOUL

Eh quoi! Nevers n'est plus!

VALENTINE

Que son cœur me pardonne De suivre en te sauvant l'exemple qu'il me donne.

RAOUL

Quoi! Nevers... mort! Devoir, amour, supplice affreux! Marcel 1 ne vois-tu pas que mon bonheur s'apprête ?

Marcel.

Ne vois-tu pas la main du Seigneur qui t'arrête?

Viens, viens !

RAOUL, montrant Marcel.

• Non, près de lui je reste pour mourir !

MARCEL

Mon fils ! mon fils !

VALENTINE

Ainsi je te verrai périr !

Ainsi pour toi la honte est d'accepter la vie Que m'accordait la reine et que je viens l'offrir ! Et quand ma destinée à la tienne est unie, Quand pour toi je vivais... sans moi tu veux mourir! Eh bien ï tu connaîtras tout l'amour d'une femme I

îngrat!... lu veux en vain que nos nœuds soient rompus*

A toi seul désormais et ma vie et mon âme !

Enfer ou Paradis, je ne te quitte plus ;

Juge à présent, Raoul, et ton cœur et le mien :

Tu maudissais mon culte, et j'adopte le tien 1

Dieu maintenant peut faire

Selon sa volonté 1

Ensemble sur la terre

Et dans l'éternité !

MARCEL, la regardant avec attendrissement.

Le seigneur de sa flamme et l'échauffé et l'éclairé.

Oui, c'est lui qui m'inspire en ma nouvelle foi ; Venez et vers lui guidez-moi, Mon bon Marcel, mon père !

RAOUL

Nul ministre du ciel ne peut bénir ici Cet hymen chaste et pur dont la mort est le gage ; Par le droit des vertus et par le droit de l'âge, Jadis mon serviteur, sois mon prêtre aujourd'hui.

MARCEL

Ahl qu'il en soit ainsi...

(On entend dans l'intérieur du temple les femmes et les enfants qui chantent le cantique de Luther.)

Mais écoutez ces anges 1 Du Dieu vivant ils chantent les louanges En attendant la mort. — Vous, dans ce triste lieu, Répondez, comme devant Dieu 1...

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