TRIO
(Les deux amants m mettent a genoux. Marcel, debout entre eux, d'une toIx grave et sévère.)
Savez-vous qu'en joignant vos mains dans ces ténèbres
Je consacre et bénis Le moment des adieux et dos noces funèbres?...
RAOUL et VALENTINE.
Nous savons qu'au ciel seul nous devons être nais.
MARCEL
4vez-vous rejeté toute chaîne mortelle,
Tout espoir d'ici-bas ?
Et la foi seulement dans vos cœurs survit-elle ?
RAOUL et VALENTINE.
Oui, la ïoi dans nos cœurs règne enfin sans combats.
MARCEL
Verrez-vous sans trembler le fer, la flamme luire?
Et cette foi d'un jour, La renîrez-vous pas en face du martyre?
RAOUL et VALENTINE.
Dieu nous donna la force en nous donnant l'amour.
f Marcel les bénit. — Tout à coup on entend dans l'intérieur du temple ua grand bruit d'armes et des cris menaçants. — A travers les vitraux on voit briller des torches et le fer des lances. — Les meurtriers viennent de pénétrer dans le temple, dont ils ont brisé les portes.)
CHOEUR DES MEURTRIERS, dans l'intérieur du temple.
Abjurez, huguenots, ou mourez !
Renégats, grâce ou mort!... abjurez I
VALENTINE
Ah ! les infâmes 1 Massacrer sans pitié des enfant* ei des femmes
Qui reçoivent la mon En louant le Seigneur 1...
(Écoutant près du temple la prière des huguenots qui continue toujours.)
Dieux 1... ils chantent encor.
^Valentine, Marcel et Raoul se jettent à genoux et prient avec ferveur. — Un grand silence succède aux cris et au bruit des armes. Valentine doutant.)
0 vœux superflus \
i,ES HUGUENOTS 169
(Avec désespoir.)
Ils ne chantent plus !
^Marcel, qui était à genoux, se relève soudain ; se» yeux se portent vers la ciel; une sainte joie brille en tous ses traits, et à l'enthousiasme qu s'empare de lui il semble qu'une vision céleste lui apparaisse. )