SCÈNE Vil
LES PRÉCÉDENTS ; SEIGNEURS ET Dames , ie comtc de SAINT-BRIS, le comte de NEVERS, quelques Seigneurs protestants; THELIGNY, DAMVILLE, DE- GUERCHY, et les Demoiselles d'honneur de la reine. choeur , saluant Marguerite.
Honneur à la plus belle!
Quand elle nous appelle, Hâtons-nous d'accourir I Sa voix s'est fait entendre ; Et près d'elle se rendre j C'est voler au plaisir.
marguerite, montrant JRaoul et s' adressant à tous
les seigneurs.
Oui, d'un heureux hymen préparé par mes soins J'ai désiré, messieurs, que vous fussiez témoins. Pendant la reprise du chœur suivant , elle présente Raoul aux comtes de Saint-Bris et de Nevers; ceux ci, les yeux sur la reine, lui font bon accueil et lui tendent la main.
CHOEUR
Honneur à la plus belle ! etc.
A la fin du chœur, entre Marcel, qui parle bas à Raoul. MARCEL.
Ah! qu'est-ce que j'apprends! vous avez recherché La main d'une Madianite?
RAOUL
Tais-toi!...
MARCEL
Dans ses jardins le serpent d'Eve habite. Et sa maison est celle du péché....
Raoul l'interrompt et lui fait signe de se taire. — Un valet en courrier et aux livrées de la cour a remis à Marguerite plusieurs papiers qu'elle lit. ■— Puis, elle s'approche de Saint-Bris et de Nevers, en leur montrant un ordre qu'elle leur donne. Mon frère Charles Neuf , qui connaît votre zèle , Tous les deux à Paris dès ce soir vous rappelle
Pour un vaste projet que j'ignore.
DE NEVERS Gt SAINT-BKIS.
 sa loi Nous nous soumettons.
Oui ! mais d'abord , à la mienne II von^ faut obéir , et je veux devant moi Que , grâce à cet hymen , abjurant toute haine, Vous prononciez tous trois , comme au pied des autels , D'une éternelle paix les serments solennels.
RAOUL, sAiNT-BRfs , DE NEVERS, étendant la maîn. Par rhonneur, par le nom que portaient mes ancêtres , Par le roi , par ce fer à fnon bras confié , Par le Dieu qui connaît et qui punit les traîtres, Devant vous nous jurons éternelle amitié.
RAOUL
Si l'un de nous ose porter atteinte.,.
SAINT-BRIS
Que le poignard venge sa trahison î
DE NEVERS
Oui , (îè son sang que la terre soit teinte !
SAÎNT-BRIS.
Qu'il n'ait de nous ni trêve ni pardon î
LE CHOEUR
Par rhonneur, etc., etc.
MARGUERITE, gaiement à Raoul.
Et maintenant à votre vue
Je dois offrir Votre cbarmanle prétendue.
Qui rendra vos serments faciles à tenir. Elle fait signe à quelques demoiselles d'honneur de s'éloigner,