ENSEMBLE
Pour cette cause sainte, J'obéirai sans crainte, A rhonneur, à mon roi î Comptez sur mon courage.
Entre vos mains j'engage Mes sermenls et ma loi !
VALENTINE , à paH.
D'une mortelle crainte, Ah ! mon âme est atteinte !
Cachons-leur mon efiFroi.
Comment tromper leur rage ?
Dieu? soutiens mon courage Et prends pitié de moi!
DE NEVERS, à part.
De douleur et de crainte, Ah! mon âme est atteinte î Qu'exige-t-on de moi ?
Quel est donc ce langage?
A l'honneur seul j'engage Mes serments et ma foi !
SAINT-BRIS , aux seîgneuvs qui l'entourent. Le roi peut-il compter sur vous ?
TOUS, excepté Nevers.
Nous le jurons!
SAINT-BRIS
C'est moi qui dois guider vos pas.
TOUS , de même.
Nous vous suivrons !
SAINT-BRIS
Quoi! Nevers seul a gardé le silence!
DE NEVERS
Frappons des ennemis, mais non pas sans défense; Ce n'est pas le poignard qui doit percer leur sein.
SAINT-BRIS
Quand le roi le commande !
DE NEVERS
Il me commande en vain De flétrir de mon sang Thonneur et la bravoure.
Montrant les portraits suspendus autour de l'appartement. Et parmi ces aïeux dont la gloire m'entoure. Je compte des soldats, et pas un assassin ! SAINT-BRIS , à de Nevers.
Quoi! par toi noire cause est trahie et trompée!
DE NEVERS
Non ! mais du déshonneur je sauve mon épée. II la brise.
Tiens ! la voici ! que Dieu juge entre nous ! VALENTiNE, couvant à de Nevers j et à demi voix. Ah ! d'aujourd'hui tout mon sang est à vous ! Vous saurez tout; venez !.., oui, je dois vous apprendre... En ce moment s'ouvrent les portes du fond. Paraissent des quartenîers» des échevins et des chefs du peuple armés.
SAINT-BRIS, s'adressant à eux et leur montrant de
Nevers.
Assurez-vous de lui, de Nevers, de mon gendre I Jusqu'à demain vous m'en répondez tous.
DE NEVERS
Ma cause est juste et sainte, Je puis, je dois sans crainte Résistera mon roi.
Son ordre est un outrage, A l'honneur seul j'engage Et mon bras et ma foi !
VALENTINE
D'une mortelle crainte, etc.
SAINT-BRIS, les seigneurs, les échevins^ quartenîers et
chœur de gens du peuple.
Pour cette cause sainte, etc.
Plosieurs g«ns du peaple annés de hallebardes emmènent de Nevers
et sortent avec lui par porte du fond. Valentine sur un geste de son père rentre par la porte k gauche,
SCÈiNE IV.
LES MÊMES , excepté DE NE VERS.
SUNT-BRIS
îlvous qui répondez au Dieu qui nous appelle,
Chefs dévoués de la cité fidèle, Quarleniei's, échevins, écoutez tous ma voix. Qu'en ce riche quartier la foule répandue, Sombre et silencieuse, occupe chaque rue, Et qu'au même sifjnal , lous frappent à la fois.
A un des chefs.
Toi, de Besme, et les tiens, entoure la demeure De ramiral... que le premier il meure !
A un autre.
Vous, à Phôtel de Seps, où de nos ennemis Tous les principaux chefs ce soir sont réunis A la fêle que Ton prépare
Pour Marguerite et le roi de Navarre.
Ecoutez I écoutez! lorsque de Saint-Germain Pour la première fois retentira l'airain, Attentifs et muets à ce signal d'alarmes, Dans l'ombre préparez vos soldat» et vos armes !
El lorsqu'enfin de l'Auxenois La cloche sainte aura pour la seconde fois Du ciel impatient annoncé la vengeance,
Le fer en main, alors levez-vous tous.
Soldais du Christ ! Dieu marche devant vous. Leur montrant les portes du fond qui s'ouvrent. Ce Dieu qui vous entend et vous bénit d'avance!