‹ Les Huguenots, grand opéra en cinq actesChapitre 48 sur 49 · TRIO · texte numérisé non relu

TRIO

Les deux amants à genûux. Marcel debout entre eux, d'une voix grave et sévère.

MARCEL

Savez-vous qu'en joignant vos mains dans ces ténèbre.*,

Je consacre et bénis Le moment des adieux et des noces funèbres ?

RAOUL et VALENTINE.

îSous savons qu'au ciel nous devons être unis.

MARCEL

Avez-vous rejeté toute chaîne morlelle,

Tout espoir d'ici-bas ?

Et la foi seu'ement dans vos cœurs survit-elle?

RAOUL et VALENTINE.

La foi dans nos cœurs règne enfin sans combats.

MARCEL

Venez-vous sans trembler, le fer, la flamme luire !

Et cette foi d'un jour, La renîrez-vous pas en face du martyre?

RAOUL et VALEÎNTINE.

Dieu nous donna Ja force en nous donnant i'amour ! MARCEL les bénit.

Tout à coup on entend dans l'intérieur du temple un grand bruit d'armes et des cris menaçants. — A travers les vitraux on voit briller des torches ou le fer des lances. Les meurtriers viennent de pénétrer dans l'église dontils ont ils ont brisé les portes.

CHOEUR DES CATHOLIQUES, dans L^'intèrieur de l'église. Abjurez, huguenots, ou mourez !

Renégats, grâce ou mort!... abjurez!

VALEiNTlNE.

Ah! les infâmes!...

Massacrer sans pitié des enfants et des femmes Qui reçoivent la mort

Kn ïou.'iiU le Seigneur î...

Écoutant prcs de l'église la prière des huguenats qui conliuue toujours.

Dieux!... ils ch.uUenl encor.' VALENTiNE, MARCKL et RAOUL, 86 jettent ù genoux et prient avec ferveur.

Un grand silence succède aux cris et au bruit des armes. VAi.E>T!NE, écoutant.

0 vœux superflus I

Avec désespoir.

Ils ne chanlent plus.

Marcel, qui était à genoux, se relève soudain ; ses yeux se portent ver» le ciel; une sainte joie brille en tous ses traits, et k l'enthousiasme qui s'empare de lui, il semble qu'une vision céleste lui apparaisse.

MARCEL, avec exattatîon.

Voyez ! le ciel s'ouvre et rayonne ! Hosanna ! le divin clairon sonne, Et la marche des anges résonne Conduisant les martyrs jusqu'à Dieu.

Ces harpes que j'écoule M'indiquent la route ; J'y vole moi-même, Délice suprême!

Nobîe trépas que j'aime; Terre, terre, adieu !

RAOUL et vALENTiNE, le regardant avec admiration. Ah! voyez, son visage rayonne, Son front d'éclairs se couronne, Et sa voix dans l'espace résonne ; Hosanna ! c'est l'archange de Dieu.

J'admire, j'écoute .

I! me montre la route!

J'y vole moi-même, etc.

Quelques meurtriers, qui paraissent k l'entrée du cairelour à droite , appellent leurs compagnons et brisent la grille; ils s'élancent sur le théâtre, se précipitent vers Raoul , Marcel et Valentine, qui se tenant par la main, s'avancent lentement en offrant leur poitrine aux coups aes assassins. Ceux-ci étonnés reculent d'abord quelaues pas, puis ils reviennent, les entourent, et leur présentent à chacun U croix de Lorraine et l'écharpe blanche.

Archives de la Ville de Bruxelles ArchlefvandeStadBrussel ^

CHOEUR

Ahjurcz, huguenots, ou mourez !

Reuégals , grâce ou mort... abjurez !

VALEXTiNE, MVRCEL et HAOUL, refusanf.

Non, non, je ne crains rien de vous, Dieu nous guide et marche avec nous .' Les meurtriers furieux se jettent sur eux, les séparent, les entraînent; ils disparaissent par le carrefour à droite, et au même moment on entend en dehors et du même côté plusieurs coups de feu.

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