‹ Les Huguenots, grand opéra en cinq actesChapitre 47 sur 49 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LES MÊMES, VALENTINE, entrant.

VALENTINE

Oh courez-vous?

RAOUL

A la gloire!

MARCEL

Au marlyrc!

VALENTINE

iNon, tu ne mourras point!... et le ciel qui m'inspire Conduit mes pas !... Je viens te sauver.

RAOUL

Se peut-il ?

VALENTINE

Celte écharpe à ton bras... nous pouvons sans péril Parvenir jusqu'au Louvre , et là , dans sa clémence , La reine épargnera les jours, si tu veux, loi.

R^OUL

Kt <iue m'ordonne-t-on?

VALENTINE

D'embrasser ma croyance.

RAOUL

Quand je serais flétri, seriez-vous plus à moi? Tout nous sépare.

VALENTINE

Oh ! non , je puis aimer sans crim e , A présent !

MAJIGEL.

Oui , Nevers , ennemi généreux.

M'arrachanl aux bourreaux dont j'étais la victime , A succombé lui-même, assassiné par eux !

RAOUL

Kh ! quoi , INevers n'est plus?

VALUNTINE.

Que son cœur me pardonrif De suivre en le sauvant Pexcmple qu'il me donne.

RAOUL

Quoi! Nevers... mort! Devoir, amour, supplice affreux! Marcel! ne vois-lu pas (|ue mon bonheur s'ai)piéle?

MARCEL

Ne vois-lu pas la main du Seigneur qui Tarréle?

Viens! viens!

RAOUL , montrant Marcel.

Non , près de lui je reste pour mourir !

MARCEL

Mon fils , mon fils !

VALENTINE

Ainsi , je le verrai périr i Ainsi , pour toi la honle est d'accepter la vie Que m'accordait la reine et que je viens l'offrir! Kt quand ma destinée à la tienne est unie. Quand pour toi je vivais... sans moi lu veux mourir ; Eh bien ! tu connaîtras tout l'amour d'une femme. Ingrat !... lu veux en vain que nos nœuds soient rompus ' A toi seul désormais et ma vie et mon âme ! Enfer ou paradis, je ne te quille plusj Juge à présent , Raoul , et ton cœur et le mien : Tu maudissais mon culle, et j'adopte le lien !

Dieu maintenant peut (aire

Selon sa volonlé :

Ensemble sur la terre

Et dans l'éternité!

MARCEL, /a regardant avec attendrissement. Le Seigneur de sa flamme et réchauffe et l'éclairé.

VALENTINE

Oui, c'est lui qui m'inspire en ma nouvelle foi, Venez et vers lui guidez-moi.

Mon bon Marcel , mon père !

RAOUL

Nul minisire du ciel ne peut bénir ici Cet hymen chaste et pur dont la mort est le gage ; Par le bruit des vertus et par le droit de l'âge Jadis mon serviteur, sois mon prétie aujourd'hui.

MARCEL

Al) ! qiril en soit ainsi...

On entend dans rinlérieur de l'église les femmes et les enfants qui chantent le cantique de Luther.

Mais, écoulez ces anges !

Du Dieu vivant ils chanlenl les louan^jes Kn attendant la mort. — Vous, dans ce triste lieu , Répondez, comme devant Dieu :

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