SCÈNE III
LES MÊMES, VALENTINE, entrant.
VALENTINE
Oh courez-vous?
RAOUL
A la gloire!
MARCEL
Au marlyrc!
VALENTINE
iNon, tu ne mourras point!... et le ciel qui m'inspire Conduit mes pas !... Je viens te sauver.
RAOUL
Se peut-il ?
VALENTINE
Celte écharpe à ton bras... nous pouvons sans péril Parvenir jusqu'au Louvre , et là , dans sa clémence , La reine épargnera les jours, si tu veux, loi.
R^OUL
Kt <iue m'ordonne-t-on?
VALENTINE
D'embrasser ma croyance.
RAOUL
Quand je serais flétri, seriez-vous plus à moi? Tout nous sépare.
VALENTINE
Oh ! non , je puis aimer sans crim e , A présent !
MAJIGEL.
Oui , Nevers , ennemi généreux.
M'arrachanl aux bourreaux dont j'étais la victime , A succombé lui-même, assassiné par eux !
RAOUL
Kh ! quoi , INevers n'est plus?
VALUNTINE.
Que son cœur me pardonrif De suivre en le sauvant Pexcmple qu'il me donne.
RAOUL
Quoi! Nevers... mort! Devoir, amour, supplice affreux! Marcel! ne vois-lu pas (|ue mon bonheur s'ai)piéle?
MARCEL
Ne vois-lu pas la main du Seigneur qui Tarréle?
Viens! viens!
RAOUL , montrant Marcel.
Non , près de lui je reste pour mourir !
MARCEL
Mon fils , mon fils !
VALENTINE
Ainsi , je le verrai périr i Ainsi , pour toi la honle est d'accepter la vie Que m'accordait la reine et que je viens l'offrir! Kt quand ma destinée à la tienne est unie. Quand pour toi je vivais... sans moi lu veux mourir ; Eh bien ! tu connaîtras tout l'amour d'une femme. Ingrat !... lu veux en vain que nos nœuds soient rompus ' A toi seul désormais et ma vie et mon âme ! Enfer ou paradis, je ne te quille plusj Juge à présent , Raoul , et ton cœur et le mien : Tu maudissais mon culle, et j'adopte le lien !
Dieu maintenant peut (aire
Selon sa volonlé :
Ensemble sur la terre
Et dans l'éternité!
MARCEL, /a regardant avec attendrissement. Le Seigneur de sa flamme et réchauffe et l'éclairé.
VALENTINE
Oui, c'est lui qui m'inspire en ma nouvelle foi, Venez et vers lui guidez-moi.
Mon bon Marcel , mon père !
RAOUL
Nul minisire du ciel ne peut bénir ici Cet hymen chaste et pur dont la mort est le gage ; Par le bruit des vertus et par le droit de l'âge Jadis mon serviteur, sois mon prétie aujourd'hui.
MARCEL
Al) ! qiril en soit ainsi...
On entend dans rinlérieur de l'église les femmes et les enfants qui chantent le cantique de Luther.
Mais, écoulez ces anges !
Du Dieu vivant ils chanlenl les louan^jes Kn attendant la mort. — Vous, dans ce triste lieu , Répondez, comme devant Dieu :