‹ Les Hydrophthalmies chez le Chien: Essai de traitement par la vitamine PPChapitre 23 sur 36 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Diagnostic absolu

Si les symptômes oculaires n'étaient pas si souvent déformés ou voilés par les manifestatons, souvent très violentes, de l’ophtalmie externe, Fhydrophtalmie ferait partie des maladies faciles à diagnostiquer.

Symptômes oculaires. — L’inspection permettra de se rendre compte d’un seul coup d’œil de l’augmentation du volume du globe, symptôme non discernable au début de l'affection ; puis des troubles conjonctivocornéens (simple trouble ou ulcère); enfin de la mydriase importante et même de l'irido-dialyse, de la luxation du cristallin et de la cataracte.

La palpation permettra, elle, le diagnostic de l’hypertonie, plus précieux puisqu'il pourra faire reconnaitre la maladie dès la période glaucomateuse.

Réflexes. — 1° Le réflexe cornéen sera émoussé car la distension oculaire déterminera une hypoesthésie de la région, mais jamais, sauf au dernier stade, une anesthésie complète — d'où l’indication de lemploi d'un anesthésique lors de Papplication du tonomètre.

2° Le réflexe photomoteur sera également affaibli ou nul.

Tonométrie digitale. — Ea palpation pression — encore appelée palper digital, tonométrie digitale, pal-

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DIAGNOSTIC st

per transpalpébral — doit être pratiquée en suivant un certain nombre de règles trop souvent ignorées.

Le Chien est assis sur une table, le dos contre la poitrine de son propriétaire qui rassure ainsi l'animal par sa présence : il ne faut pas oublier qu'un hydrophtalme est souvent «un émotil, un peureux ou un excité. » (LAGRANGE), que la frayeur et la douleur lincitent à faire des mouvements désordonnés, ce qui a pour effet de fausser les résultats en déterminant un surcroit de tension oculaire.

La tête du patient, soutenue horizontalement par les deux pouces placés sous les ganaches, permet à l’opérateur de palper le globe avec l'index et le medius, les deux autres doigts reposant sur le bord marginal de l'orbite. L'idéal serait alors d’attirer l’attention de lanimal vers la table : le muscle orbiculaire se relâcherait et la pulpe digitale exercerait sa pression exploratrice sur la sclérotique elle-même et non sur la cornée.

Appliquée entre le rebord orbitaire et le cartilage tarse, la pression transpalpébrale gagnera à se faire avec une grande douceur, de façon à éviter la douleur, dont les manifestations immédiates seront les mouvements de défense, la contraction de l’orbiculaire des paupières et du muscle choanoïde. |

Point très important : les pressions devront s’effectuer verticalement sur le plancher de l'orbite pour que ce plan dur évite les erreurs dues à une pression exercée sur le coussinet adipeux fluctuant du fond de l’orbite, et faussée, de plus, par la contraction du muscle droit postérieur.

Telle est la méthode classique. Mais il serait préfé-

78 LES HYDROPHTALMIES EN. CLINIQUE rable, à notre avis, de faire nôtre celle employée en médecine humaine : le palper à l’aide des deux index

simultanément permet une Meneure appréciation du

tonus oculaire.

La méthode du palper digital sulfit dans la OO des cas, si l'opérateur a un minimum d'expérience. C’est en tout cas la seule à employer dans les cas de violente kératite, interdisant l’usage d’un appareil.

Tonométrie instrumentale. — Introduite assez réceinment en médecine vétérinaire, c’est la seule à employer pour l'obtention d’un diagnostic précis ; elle se fait, à l'Ecole de Toulouse, à l’aide du tonométre du Docteur. BaiLL1ART : il donne toutes satisfactions en raison de la possibilité de lecture directe, incontestable avantage qu'il a sur celui de SCHIOETZ.

Il est préférable d’appliquer le pied de l'instrument sur la cornée en prenant garde de ne pas laisser le corps clignotant s’interposer entre l’appareil et la conjonctive ; il est prudent, afin d'éviter les accidents, d’appuyer l'extrémité de l’auriculaire sur l'orbite, de façon à conserver la synergie des mouvements de la tête et du tonomètre.

L’anesthésie préalable à la butéline ou mieux encore à l’holocaïne (qui ne modifie pas le tonus oculaire) et une asepsie, consistant à passer, pour chaque mesure, le pied de l'appareil dans la flamme, suffiront pour minimiser les risques d'infection.

On juge ainsi de la dureté de l’œil et non directement de la tension du contenu, de la valeur relative du tonus

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d'un œil comparé à l'œil homologue, et non de la tension absolue. Mais cette approximation chiffrée est sul-

fisante pour obtenir d'excellents résultats et ce, malgré de nombreuses critiques faites à l’appareil: relativité des résultats” puisque l'instrument est étalonné sur le cadavre, indocilité des animaux, inapplicabilité de ce moyen lors d’ophtalmie externe intense.

Ophtalmoscope. — 11 est d’un médiocre secours vu la constance de l'écran congestil cornéen.

Lampe à fente. — Il est bien entendu impossible d'avoir recours à cet appareil en médecine canine, ne serait-ce qu’en raison de son prix prohibitif, et bien qu’on l'utilise chez le cobaye pour reconnaître la tache de Brror. Il est bon cependant de le citer ici, vu lextension de son emploi en ophtalmologie humaine et les immenses services qu'il lui rend.

Symptômes extra-oculaires. — La médecine canine n'aurait qu'à gagner à suivre l'exemple de lhumaine pour la recherche systématique des symptômes extraoculaires dans l'hydrophtalmie : détermination de la glycémie, de la tension artérielle, des cholesterols sanguins, examen des troubles vasculaires, hépatiques, rénaux, glandulaire-concomitants. Mais cela suppose un laboratoire, des appareils coûteux, du temps, toutes choses qui ne sont pas souvent à la portée du pratiticien. Celui-ci devra, en tout cas, faire son profit de cette parole de Morax :

« Par l’expérince souvent répétée des examens des malades, le clinicien peut simplifier son analyse et

gagner du temps, mais ne doit pas se faire d'illusions : bien des erreurs cliniques résultent uniquement d’une investigation incomplète ». |

De DIAGNOSTIC CAUSAL

Le diagnostic causal serait le plus important à poser, car il fournirait d’abondants renseignements sur la thérapeutique à instituer et le pronostic à établir.

Mais il suppose la parfaite connaissance de la pathogénie de l'affection, d’où grosses difficultés. L’interpré-

‘tation des lésions oculaires comme cause ou consé-

quence, ne pourra se faire que grâce aux commémoratifs, trop souvent contradictoires, même lorsqu'ils émanent d’un propriétaire surveillant son Chien de très près. Les symptômes extraoculaires pourraient également donner d’utiles indications.

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