TRAITEMENT CURATIF
Chirurgical. — Les nombreuses interventions chirurgicales exécutées en médecin humaine n’ont jamais été tentées chez le Chien. C’est ainsi que de toutes les opérations extraoculaires (arrachement du nerf nasal externe, sympathectomie, extirpation du ganglion cervical supérieur) et oculaires (iridectomie, sclérotomie, iridosclérotomie, ciliairectomie, amputation du segment antérieur de l’œil, débridement de l’angle irien) seule la ponction répétée de la cornée est usitée et provoque une baisse sensible et durable de lPophtalmotonus ; une conséquence inéluctable de cet éclusage de l'œil est l'abolition définitive de la vision (RoBiN, BRION).
Les chirurgiens vétérinaires sont-ils timorés au point de ne pas suivre l'exemple des ophtalmologistes d’humaine dans leurs fines dissections fistulisantes ? La vérité est que la difficulté réside non point dans l’intervention elle-même, mais dans les complications septiques inévitables en raison de l'impossibilité de faire tenir un pansement pendant quelques heures sur l'œil de l’opéré.
Ici, nous devons exprimer le même vœu que CoaroT
TRAÎTEMENT CURATIF
qui espérait que les immenses ressources de la-chimie pharmacodynamique fourniraient peut-être, un jour, un anesthésique «.….utilisable au delà du temps nécessaire à l’action chirurgicale et qui, sans retentissement général ou local sur l'organisme, permettra de supprimer la douleur jusqu'à la guérison complète de l’opéré » (), Il est hors de doute qu'un tel anesthésique remplacerait avantageusement le carcan, les pansements compliqués et autres ruses, déjouées avec combien de facilité par la souplesse d’une patte infatigable. L'énucléation pure et simple, traitement héroïque de lhydrophtalmie, trouve ici sa place, bien que l’exentération de l'œil ne soit à décider qu'in extremis, par raison de convenance. Elle prévient d’abord les traumatismes, là panophtalmie et ses complhcations, permet ensuite’ dans certains cas la mise en place d’un œil artificiel.
Médical. — À une opération vouée à l’avance à l'insuccès, on préfèrera un traitement médical local et général puisque les dernières acquisitions scientifiques ont montré la participation de l'organisme tout entier dans cette affection et ont permis le terme de «syndrome hydrophtalmie ».
Traitement hygiénique. — Nous l'avons vu, aucun crédit ne peut, chez le Chien du moins, être accordé à la thèse de l'æœdème généralisé de TERSON. Cependant la demi-diète, les toniques restrictits, les purgatifs doux stimulant la fonction hépatique, les diurétiques imof-
(1) Coguor (A.) Douleur et anesthésie en chirurgie vétérinaire, Rec. Méd. Vétér. Juin 1931, p. 773.
. CE E0 : »,* 3 € < A É fensifs pour le rein, les diaphorétiques, ne pourront être
qu'un excellent adjuvant de l'élimination des toxines
accusées des perturbations vasculaires. Pour les sujets nerveux, on se trouverait bien d’ une médication sédative à base de gardénal, comme ‘on le pratique en
humaine.
La névropathie qui est, clone LAGRANGE, concomitante
à l’'hydrophtalmie, interdira la fatigue musculaire, les
émotions, mais non toutefois la gymnastique fonctionnelle sous forme d’un léger exercice quotidien. Bien que les données subjectives manquent, on réduira la supposée fatigue visuelle. Le chien de chasse ou de berger sera exempt de service et tout sujet hydrophtalme séjournera si possible dans un local sombre.
Traitement général. — Y n'est plus employé chez le Chien. On avait successivement préconisé dans ce but :
le séton à la nugue ; la saignée ;
le massage de l'œil (ELL1oT), la compression par bandeau (DONDERS) ;
l’iodure de potassium.
Traitement local. — Le nombre et la variété des médications nous interdisent d'en donner une froide énumération. À chaque supposition étiopathogénique correspond un essai médicamenteux plus ou moins heureux dans ses résultats, et quelquefois en opposition exacte avec la thérapeutique précédente : quot capila tot sensus,
1e ES A < s2Z s re 4 | TRAITEMENT Es
fi —
7 7. Ni mettrons à it le traitement er des ere tions conjonctivo-cornéennes qui préviendra lhydro-
phtalmie «secondaire » ou jugulera les complications |
septiques de Pstpophtalmie «primitive». »
Kératoconjonctivite. — Les collyres au nitrate d’argent à 2 %, au sulfate de zinc à 1 %, à l’oxycyanure de mercure à { pour 4.000, au bleu de méthylène à 1 %, associés à la pommade à l’oxyde orangé de mercure et aux sulfamides, seront souverains contre l'infection de la vitre oculaire.
Si l’ulcère s’est installé, il sera passible de la thérapeutique classique (teinture d’iode, bleu de méthylène, etc.). Citons pour mémoire l'essai de GUILHAUMON pour obtenir le «lavage» continu de la cornée à l’aide de solutions concentrées (drainage osmotique).
Iridocyclite traitée par les analgésiques.
Enfin la galactothérapie de Scamipr, si heureuse dans toutes les affections de l'œil, va agir comme médication de choc et comme agent hypotenseur qui mobili- sera les exsudats, tout en prévenant la stagnation et les. néoformations synéchiales.
2° Pour les hydrophtalmies consécutives à des altérations vasculaires, force nous est de recourir à un traitement symptomatique, vu l'ignorance où nous sommes de «lépine irritante ».
COLLYRES. — Les collyres ont été et sont encore les plus employés des médicaments anti-hydrophtalmiques et antiglaucomateux.
anses TRAIÎTEMENT ; Myotiques. — Nous envisagerons tout d’abord les
myotiques, vagotoniques, qui vont élargir donc récurer
la «grille d’égoût » irido-cornéenne, en même temps
que la vaso-constriction des vaisseaux intraoculaires
entravera leur perméabilité exagérée (VAN DEN ECKOUT).
L'ésérine (LAQUEUR) sous forme de sulfate ou de sälicylate à 1 pour 200 va déterminer une myose lente, se prolongeant une trentaine d’heures.
Les inconvénients résident dans la fugacité 4 Paction, la conjonctivite ésérinique, l’hyperalbuminose provoquée et surtout la valeur uniquement palliative du traitement ; de plus l’ésérine, comme du reste tous les myotiques, abaissérait l’élasticité scléroticale.
La -pilocarpine (LAquEuR), de loin le collyre le plus employé, l’est sous forme de nitrate ; elle présente une fugacité d'action nécessitant de très nombreuses instillations. Cet inconvénient est contrebalancé par l’indéfinie tolérance des sujets à la pilocarpine. Il n’y a pas d'irritation locale à redouter.
Ces deux myotiques sont, du reste, souvent associés en un collyre huileux qui donne d'excellents résultats. A la pilocarpine est souvent associée l’ergotamine.
La daraline ou 305 C. produit synthétique édifié en 1942 en raison de la disparition de l’ésérine et de la rareté de la pilocarpine.
C’est un myotique plus énergique que la pilocarpine, rapide dans son action mais assez fugace, puisque la pupille se contracte 10 minutes après l'instillation du produit mais se relâche 4 à 5 heures après,