TRAITEMENT. CURATIF
IT possède d’autre part une nette action dépressive sur la tension oculaire. On ne note aucune intolérance. Sympathicotoniques. — Les insuccès obtenus avec l'emploi des vagotoniques incitèrent certains auteurs à employer des produits d’action diamétralement opposée : les sympathicotoniques qui vont, par vasocons-
-triction, déterminer un moindre débit sanguin dans l'œil et, par là même, entraver la production d'humeur
aqueuse tout en diminuant au total le volume de l'œil (MORHARDT).
L’atropine (sulfate d’) va diminuer la sensibilité locale et provoquer, par paralysie du vague, une mydriase rapide et durable. Donc inconvénients : elle
élève la tension oculaire, bouche l'angle irido-cornéen
en accentuant la mydriase préexistante, peut enfin déterminer une conjonctivite atropinique.
L'adrénaline. — Plus efficace que l’atropine, c’est un analgésique et un vasoconstricteur immédiat mais fugace, par excitation du sympathique cervical. Mêmes critiques. À remarquer, en plus, la formelle contre-indication de ce produit sur les tissus enflammés.
Comme l'atropine, elle peut être employée localement (HAMBURGER) ou per os (ABADIE). Ainsi que toute médication sympathicotonique, elle crée une acidose légère, ce qui peut être un adjuvant de valeur.
ANESTHESIQUES. — On associe volontiers aujourd’hui à l'adrénaline, la novocaine ou la syncaine (FROMAGET) anesthésiques et analgésiques puissants.
Ur TRAITEMENT.
La syncaïne adrénalinée. — Le mode d'action de la syncaïne adrénalinée en injection rétrobulbaire, très
utilisée en médecine canine, est contr OVErsÉ : HAMBURGER
pense que la congestion secondaire succédant à l'ischémie initiale, éviterait la stase ; pour *ABaDiE il n'y aurait
à la base de l’action de ce produit qu’une simple cons-
triction vasculaire : quant à BoNxEFON, il simplifie le
problème : la boule liquide injectée derrière l'œil augmenterait, par pure action mécanique de pression, l’excrétion des liquides par les voies normales. Enfin MoORHARDT estime que les artères, plus contractées que les veines, vont interdire lhyperexsudation tout en laissant intacte l'élimination.
Nous pensons que ce corps a la même action que la scurocaïne-alcool, préconisée par PAuFIQUE et l'Ecole Lyonnaise : l’anesthésie pure et simple du ganglion cilaire.
Les résultats de ce traitement sont intéressants pour
les uns (BRANA, ROUQUETTE, DARRASPEN, FLORIO), inexis-
tants pour les autres (ROBIN, BRION). À notre avis, son emploi devrait se limiter aux cas suraigus ou aigus ; les observations faites tant en médecine humaine qu'animale, sont démonstratives à ce sujet.
La scurocaïne-alcool (dont nous avons déjà parlé).
SOLUTIONS HYPERTONIQUES. — Dukxe-ELner, WEEKERS ont tenté de modifier la tension oculaire en agissant sur les échanges osmotiques. Mais les iniections d’eau salée hypertonique à fortes doses ne produisent qu'une défervescence tensionnelle faible et très courte.
2 TRAITEMENT, CURATIE Le ec 01
SACIDIFIANTS, — Les acidifiants vont avoir, eux, raison du déséquilibre acido-basique invoqué par cer-
tains, nous l'avons vu, comme étant à la base de l'hydrophtalmie.
Le chlorure de calcium, employé dans toute hydro-
pisie, va laisser son chlore dans les humeurs alors que
son calcium, éliminé par l'intestin, va imperméabiliser les parois vasculaires. MORHARDT est d’avis qu’il «favorise l’action du sympathique en diminuant le volume du vitré ». En plus, c’est un diurétique, un antiphlogis-
tique et un antianaphylactisant (ce qui répond aux dési-
derata de LAGRANGE.) Les résultats sont très aléatoires.
VASODILAT AT EURS. — Enfin c’est la médication vasodilatatrice qui semble donner des résultats encourageants et recueille les suffrages de nombreux ophtalmologistes : le facteur vasculaire, au même titre que le facteur nerveux, joue un rôle de premier plan dans la génèse de l'affection et l'insuffisance circulatoire détermine le dysfonctionnement de l’œil.
Le nitrite d’amyle (RaBiNoviTcH), très actif, détermine une vasodilatation générale avec accélération du pouls; il devient dangereux par l'hypertension qu’il provoque
dans Pœil.
La yohimbine, à qui est souvent associée la pressédrine, possède, en plus d’une action anesthésique locale assez durable, des propriétés vasodilatatrices qui tendent à élargir le champ visuel; mais son action est modérée et fugace.
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L'histamine (HameurGer), déchet normal de l'hydrolyse protidique, est paradoxalement hypertensive chez
les Herbivores et hypotensive chez les Carnivores.
Vagotonique et puissant vasodilatateur, elle détermine :
par injection “intramusculaire, unè alcalose sanguine avec élimination de chlore ; elle dilate les capillaires en contractant les artérioles. Elle ne donne que des résul- tats très aléatoires. Fe
Introduite dans l'œil par iontophorèse par FOURNIER elle possède enfin la propriété d'accélérer la circulation lymphatique (DALE, LaïDLaw).
L'urotropine, dont on a signalé la propriété vasodila-
tatrice et hypotensive sanguine (BaAïLLIART) et oculaire (BipauLT), n’a pas été retenue vu ses résultats incertains.
L'angioxyl, le pacyl, V4 méthylacétylcholine (GarLois), la vagotonine (GaLLois), et surtout l’acétyl-choline introduite en 1926 par VILLARET et JUSTIN-BESANÇON dans la thérapeutique antiglaucomateuse, a été employée avec succès chez le chien par DEMONT.
Son action dilatatrice sur les artérioles et constrictrice sur les capillaires l’a faite utiliser dans les affections où il paraît y avoir insuffisance de la circulation chorio-rétinienne.
Mais son action semble trop brutale sur les artérioles, ce qui à tendance à provoquer une hypertension oculaire avec augmentation du champ visuel (GaALLois). Ce fait paradoxal a été expliqué par cet auteur par la dissociation de l’action de ce médicament sur les vaisseaux choroïdiens et rétiniens.
He TRAITEMENT CURATIF 03 -
Le complexe calcomagnésien, à base de chlorure de calcium et d’hyposullite de soude, a été employé par GaLLois et Viarr qui se proposaient de chercher un vasodilatateur modéré, capable d’agir électivement sur le réseau rétinien sans trop brutaliser le réseau choroïdien. Les résultats obtenus — du reste incertains — - sont présumés dus à une vasodilatation capillaire laissant jouer le système régulateur de la circulation locale troublée ; puis, en un deuxième temps, à une action tardive de sur le vitré.
Les extraits opothérapiques. — La thérapeutique antihypertensive s'est enrichie d’un arsenal nouveau: les extraits opothérapiques, qui ont parfois donné des résultats surprenants.
Le venin de cobra, introduit par BaAILLIART et KORESssi0s, est, lui aussi, venu se joindre aux autres médicaments hypotenseurs. Il contracte l'iris, abaisse le tonus oculaire, dilate les vaisseaux rétiniens.
La 2 — benzyl — 4-5 — Jinidazolhine que, tout récemment, les auteurs suisses (HERMANN, Viai, MEtER, Mur- LER, JOURDAN, etc.) ont utilisée dans les troubles circulatoires périphériques (maladie de RAYNAUT surtout).
D'action sympatholytique, elle inverse l’adrénaline ; elle a été utilisée pour la première fois en France dans les affections oculaires où l’insuilisance de la circulation choriocapillaire ou rétinienne semblait en cause.
La voie rétrobulbaire permet d'obtenir des effets presqu'immédiats et assez durables, prolongés encore par
et AR LT
dmiistration per os et en intramusculaire D même Lee
produit. = Les résultats ont été ‘assez ant pour l'amé-
lioration du champ visuel, de l'acuité psuelle du tonus oculaire. ‘ =
Vitamine P. — La vitaminothérapie se devait finalement de fournir quelques produits susceptibles d’améliorer l’état de l’œil atteint d’affection glaucomateuse.
Deux vitamines sont actuellement à l'étude : les vitamines P et PP.
GaLLois et LAVOLLAY ont, tout récemment, tenté de modilier le régime du liquide interstitiel de l'œil glaucomateux en agissant sur la perméabilité vasculaire par la vitamine P.
Vitamine PP. — Enfin GaALLois, reprenant inlassablement l’idée que l’œil glaucomateux se décongestionnait par les vasodilatateurs modérés pour ne pas nuire, avant tout, à l'équilibre tensionnel d’un organe aussi fragile que l’œil, s’est adressé à l’acide nicotinique.
Et ce sont à la fois la méthode rationnelle, élégante et séduisante et les ‘résultats obtenus en médecine humaine, qui nous ont incité à essayer la même thérapeutique dans les hydrophtalmies d’origine vasculaire du Chien, et plus spécialement dans les cas subaïgus ou chroniques.
LA VITAMINE PP
LA VITAMINE D
Le étude détaillée de la vitamine PP ne saurait trouver ici sa place. Nous ne ferons qu’'indiquer succinctement les caractéristiques cruciales des vitamines du groupe B et, après un bref aperçu sur l'original historique de la Pellagra Preventing, nous en esquisserons le rôle biologique qui justifie son emploi dans lhydroee Htliie du Chien.
Classification. — La vitamine PP ou Nicotamide, ou amide nicotinique, ou facteur antipellagreux, tardivement distinguée par GyorGvi, en 1934, de la vitamine B 6 dans la pellagre du rat, fait partie, avec onze congénères, des vitamines hydrosolubles génériquement appelées : «vitamines du groupe B». On peut ranger sous trois rubriques leurs caractères essentiels :
1° Elles ont des sources naturelles communes (levure de bière, enveloppes de graines de céréales, extraits de foie).
2° Leur rôle physiologique est identique, permettant la rectitude du métabolisme des glucides.
3° Une certaine similitude dans les symptômes carentiels consacre enfin l'originalité de ce groupe : signes digestifs, cutanés, nerveux. Chez les jeunes, un arrêt de croissance se superpose à cette triade symptômatique.
Historique. — Son isolement se fit en trois temps :
1° Les vitaminologues dont C. et L C. Fuxxs, soupçonnaient dès 1937 cette substance de jouer un rôle primordial dans la nutrition.
2° L'œuvre fut continuée par Jes pellagrologues. L’acide nicotinique fut isolée en 1867 de la nicotine (d’où son nom). Mais on ignorait alors ses propriétés biochimiques et l’étiologie de la pellagre.
Cette redoutable maladie de l’homme se signala pour la première fois en Espagne (1735) ; les symptômes cardinaux en étaient des lésions cutanées, des troubles digestifs, des désordres mentaux. La perspicacité des pellagrologues leur permit de constater que l'aire géographique où l’on déplorait ces ravages se superposait assez exactement à celle où se cultivait le maïs.
De là à accuser cette céréale, il n’y avait qu’un pas, rapidement franchi; avec raison, puisque GOLDBERGER et WHEELER soupçonnent, en 1920, la nature carentielle de la maladie et, l’assimilant à celle du Chien, la « black tongue », purent admettre l'existence d’un facteur antipellagreux, dont le maïs ne renferme pas trace. Mais il ne s'agissait pas d’avarie de cette céréale comme on l'avait cru tout d’abord : c'était une carence.
Après 13 années de recherches, ELVEGHEM, MADDEN, STRONG, WOOLEY, isolent la vitamine PP des extraits hépatiques en 1937.
3° Enfin :il y a quelques années seulement, les biologistes ont précisé le rôle biochimique de la Nicotamide.
Formule chimique. — Le pouvoir antipellagreux cst dévolu à plusieurs dérivés pyridiniques et pyraziniques.
LA VITAMINE de 5
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Rare …
Abe dant comme il ce de SA que : l'organisme trans forme ces substances en amide nicotinique, il sera plus économique de mettre, dans l'arsenal thérapeutique, le terme ultime de cette modification.
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la nicotinamide est l’amide de l'acide nicotinique :
ou acide & — pyridine carbonique possédant le même hétérocycle pyridine.
Il constitue pour la vitamine PP une provitamine aussi active qu’elle, mais ne constituant pas comme cette dernière une Îorme de stockage et d'utilisation biologique.
Propriétés - Sources. — La Nicotamide synthétique est une poudre blanche, cristalline, inodore, insipide, soluble dans l’eau et l'alcool, thermostable, absorbée par la terre à foulon, et faiblement basique en solution.
C'est le règne animal qui fournit le plus abondam-
ment cette vitamine, dont les sources sont, par ordre décroissant de teneur : la levure de bière, le foie, le
cœur, le rein, le jaune d’œui, le lait ; puis, loin derrière, 1 > T—- [1 L2 ca les légumes, les huiles et les graisses.
Rôle biochimique. — Il semble, due les travaux de
KARRER, essentiel dans les processus chimiques de la respiration cellulaire.
: WARBURG, SZENT, GyoRGyi et WIELAND, en accord avec les suppositions anciennes de LAVoIsiER, ont codifié les résultats obtenus par PASTEUR, EHRLICH, A. GAUTHIER, au sujet de la respiration anaérobie de chaque cellule.
Tout comme le carbone, l’hydrogène va être oxydé très lentement : après avoir été détaché de son substrat organique par les deshydrases, il va être capté comme un ballon de rugby, et, entre les mains agiles des transporteurs d'hydrogène, oxydé au cours de ces «passes » successives, libérant ainsi l'énergie nécessaire aux cellules.
Ces «trois-quarts » sont nombreux : adrénaline, glutathion, vitamines B1, B2, C, PP ; celle-ci ne remplit sa
fonction de transporteur qu’intégrée dans des molécules
complexes, les co-zymases T (diphosphopyridyladenyldi-nucléotide) et Il, comprenant une molécule de plus d'acide phosphorique. On voit ainsi le rôle primordial oué par la vitamine PP dans le métabolisme organique.
Action pharmacodynamique. — Nous l’indiquerons en bloc en n’en retenant que ce qui nous intéresse particulièrement. La vitamine PP est active :
1° Sur les fonctions digestives. — Son rôle dans la
he = LA VITAMINE PP | 99
motilité gastro-intestinale (CHEsLy, HANsEN, DUNBAR,
Mono) et dans la chimie gastrique (MALAGUZZI, PAPERS
. PATERNO) n'est plus à démontrer.
2° Sur la croissance qu’elle accelère (FUNKS).
3° Sur le système nerveux central. (G. C. SHATTUCK).
4 Sur le métabolisme des porphyrines (Spies, SYDENS- TRICKER). : |
5° Sur l'appareil circulatoire. — Son action porte sur la cholestérolémie (Brava-Lucrez1), sur la glycémie (GRECO, MURATORI), l’hématopoièse (VAsILE), sur la coagulation du sang normal qu’elle accélère (CALDER et KErBY) et celle du sang prélevé lors d’un choc, par action antihéparine (Cuny, Quivy) et surtout la pression sanguine (BONGIORNO, FERRANNINI, LENZI) et Je système vasomoteur (VOX GROLMANN et ANcr).
Nous ne faisons que citer la résistance que la Nicotamide confère aux hématies et aux globules blancs dans les maladies provoquant l’agranulocytose et dans les troubles consécutifs au traitement par le radium ou les rayons X (d’où son emploi comme adjuvant de ces traïitements physiques).
L’acide nicotinique a été le premier utilisé des dérivés ricotiniques, mais son emploi provoque des réactions vasomotrices bien étudiées par CUNY, GAYET-HALLION, Quivy, Porxin, etc. On note chez l'Homme, une chaleur accusée au visage, puis au cuir chevelu, au cou, au tronc, et aux membres supérieurs, accompagnée d’une congestion conjonctivale et d’une vasodilatation intracrânienne ; le pouls est peu accéléré.
Un prurit s’installe avec prédominance au cuir che-
velu et au visage ; la peau rougit et on note une sudation marquée. Parallèlement, la tension artérielle baisse, la pression veineuse augmente et il y a cyanose des téguments. Accessoirement, on note une diurèse augmentée, peu de modifications dans le métabolisme basal et dans l'électrocardiographie (Von GROLMANN et ANGEL). Nat
Cette rougeur, cette chaleur cutanées, ces fourmillements, rapprochent l'effet de l’acide nicotinique de celui de l’histamine ou des nitrites (CUNY, GAYET, HALLION, Quivy, PoPki\).
En résumé, l'acide one ne peut être, selon PoprxiN, qu'«un faible auxiliaire des affections vasculaires périphériques, car 1l donne de pénibles malaises dus à une vaso-construction artérielle, et son effet est de courte durée ».
Du reste une question primordiale se pose : les propriétés de l'acide sont-elles identiques à celles de Pamide ? Non, d’après le récent travail de JUSrTIN-BESANcoN et LWOFF, qui ont absolument distingué ces deux substances et prêtent à l’acide seul une action élective sur les terminaisons artérielles.
Cependant, il v a lieu de penser que l'amide nicotinique est douée d'une action pharmacodynamique imdépendante de la fonction cœnzymatique. La disparition de certains troubles circulatoires est interprétée comme résultant d’une action parasympathicomimétique de la nicotamide.
Indications chinigues. — A part la pellagre déclarée, les avitaminoses frustres et les formes monosymptô-