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Les Hymnes

S'il y avait des hommes se distinguant entre tous, par la seule apparence corporelle, au point d'égaler les images des dieux, on conviendrait unanimement que les autres, moins beaux, leur devraient soumission. Mais si cela est vrai en parlant du corps, à plus forte raison le serait-ce en parlant de l'âme.

Ahistote, Po/ilùjiii-.

Il taut tenir d'abord. Après seulement nous pourrons mourir.

Lk maréchal Foch.

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Paris s'éveille.

Une impalpable brume.

Sur la Seine de roses nuées, de fines gloires. Les Tuileries, Le Louvre, les jardins, les sveltes galeries luisent d'oiseaux, de roses remuées. Le haut Cœur brille. Et Notre-Dame,

Avec toute la ville, pour embrasser le jour, avec tous les clochers tend les bras de ses tours. Les toits palpitent. Une fanfare. Une âme. La Tour crépite. La Tour s'allume.

Et les coupoles.

Le Panthéon, les Invalides, dans la clarté splendides, les ponts, les avenues Tressaillent d'un seul cœur, jettent mille paroles. Les oriflammes. Les Gloires nues, les grandes déités de la race s'abattent Sur les pavés, partout, sur les murs, sur les places, les grands S3'mboles. Des ailes battent.

Des lueurs courent.

Toutes les portes s'ouvrent. Tous les cœurs sont ouverts. Paris s'éveille.

C'est la merveille.

C'est le matin de la Victoire.

Les gens s'embrassent.

C'est le triomphe de la race.

Et là-bas, des tranchées vermeilles, des fleuves, des villages, des ports, des tombeaux verts Tout le pays accourt, la France des ancêtres, la France des enfants, sauvé tout l'univers. Le ciel se peuple d'ailes, l'aube se peuple d'êtres,

à jeunes ailes immortelles Toute la terre accourt vers Paris triomphant. C'est le matin de la Victoire.

Et moi j'entends, au seuil de toutes les demeures, chanter quelqu'un. Pleurer un invisible, un accouru.

J'entends, avant qu'elles ne meurent Pour renaître, plus belles, dans le chœur à venir, chanter toutes ces gloires et toutes ces amours. Et l'un Pleure et l'autre rit. A tous leur bonheur est terrible, leur bonheur disparu, leur bonheur inconnu.

Ils sont là, je vois leurs âmes blanches, tous, ceux qui vivent de mourir

Et ceux, encor absents, qu'enivre le retour et que récnlante leur mère, tous.

Mais au-dessus de tous

ceux que le grand cantique berce sur ses genoux. Dans la splendeur du jour les soupirs magnifiques composent l'hymne unique. Je les entends. Les soldats sont debout. Les ouvriers s'endimanchent.

Les porte-lois, les porte-glaives, les sculpteurs, les Pères de la race, les épouses en pleurs, Et pures comme les rosées les fiancées, celles qu'un deuil terrasse et celles Que l'Eté des couples va boire, les jeunes filles, les enfants, Toutes ces voix, et cette Voix au-dessus d'elles, Ecoutez-les, je les entends.

C'est le matin de la Victoire.

Un poêle : C'est le matin de la victoire,

O mon âme, l'Homme plus beau Aux bras enflammés de l'Histoire Respire avec ce jour nouveau,

L'Homme qu'au fond de ta mémoire Déjà ta race façonnait.

Au-dessus de l'Europe noire Un nouveau jour du monde naît.

Regarde... Paris pleure... Ecoute...

Dresse-toi de tout ton passé

Et sème de lauriers la route

Où les dieux français vont passer.

/,,/ l 'IC lOlHI: . i^es lauriers sont en fleurs

Lk mondk O Paris, cucille-lcs

Iv'Arc I)K Triompmk Revenez, revenez, mes drapeaux envolés

Les soldats

Les ouvriers

Les pères

Les artistes

Les mères

Les épouses

Les fiancées

Les jeunes filles

Les enfants

Coupons les lauriers Cueillons dans la rouge prairie Les beaux lauriers que tu nous donnes Coupons les branches de lauriers Tordons

Coupons les branches d'oliviers ] etons

Cueillons les roses Couronnons

Coupons les branches de cyprès Non Non

Non Non

Coupons les lauriers et les roses Les fleurs écloses Dans les prés

Coupons les lauriers Coupons

Les soldats | ,' Les couronnes Les ouvriers ) V Les couronnes Les pères ) V Les couronnes Les artistes ( / De roses et de blés le front de la patrie Les enfants [ Les lauriers

Les soldats

Les ouvriers

Les pères

Les artistes

A pleins corps nous avons offert Nos âmes Q,uec'étaitbeau, la terre etl air En flammes

Nos âmes En flammes

Q,ue c'était beau, la terre et l'air En flammes Lorsque nos fils leur ont offert Nos âmes

Nos âmes Nos âmes

Les soldats

Les ouvriers

Les pères

Les artistes

Les soldats

Les ouvriers

Les pères

Les artistes

Les mères

Les épouses

Les fiancées

Les jeunes filles

Les enfants

Victoire, Renaissent

Aurore, A pleins vols, dans le vaste éther Renaissent Déferle en nous, sanglante mer Jeunesse,

/ Monte à pleine aile dans le ciel De notre histoire Dans votre ciel Sonore

Monte à plein soleil dans le ciel De notre race Epanouis au pur soleil ta vierge face Emportez notre cœur au vol de votre chœur A pleins vols emportez les sanglots du malheur Exaltez notre cœur Sonore

Nous sommes votre cœur Sonore

Nous sommes l'avenir, le cœur de votre cœur L'aurore

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