‹ Les HymnesChapitre 21 sur 25 · HYMNE DES MUSES ET D'APOLLON · texte numérisé non relu

HYMNE DES MUSES ET D'APOLLON

A CHARLES MAURILiS

Il voit comme lui néant tout l'univers ensemble. Racine.

Il porte dans sa main l'univers réuni. Victor Hugo.

Le jour s'endort.

Le vaste monde flotte.

Sur les mers par lambeaux d'écumeuses nuées, un Rire. Les étoiles. Les vents, les continents, blanches d'éclairs les voiles du Navire emporté sur les nuits remuées. Un dieu Et notre terre, [rêve à la proue.

Avec sa pâle joue, qu'argenté la douleur, sous ses cheveux noyés s'enfonce dans l'horreur nocturne. Les cieux Penchés sur elle, le mystère ouvre à demi les yeux... Qui sanglote?

Et les montagnes Le front des bois et des collines, dans la brume divine, les sources, les écorces. Ce qui respire et ce qui meurt, ce qu'accompagne, avant de se taire, Quelque chantante force, quelque espoir passager, tout s'éveille à ce noir murmure. Dans le néant le monde est un feu de berger dans la campagne. Le chaos sans figure.

Mais il existe.

Hommes, animaux tristes, c'est vous seuls qui mourez. La matière s'endort.

Vous, pour vaincre la mort Il faut chanter avec les Muses.

Dans l'air léger.

Le monde est un chant de berger.

De toute haleine un h3'mne sort, un grand cantique monte des peuples, des forêts,

Du tourbillon des astres. Les vents de la pensée, avec les Muses, vous emportent là où vous revivrez, Grands affamés d'espace. Ayez une âme cadencée.

Buée, haleine, jour, votre songe s'efface, Mais pour ressusciter l'âme de l'âme morte, il faut chanter avec les Muses.

Il faut chanter. Silence. Un immense murmure, désir évanoui. Un bonheur oppressé sort de la terre pâle.

De pâles voix enlacent la nature, De consolantes mains cherchent ses soupirs, les Muses montent de l'abîme Ebloui. Les Neuf Cieux. Je les vois. Par le feu de l'esprit. Terrassé, sous leur tendre rafale, je m'abats. Un râle.

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Une lueur. Je vois leurs formes saintes, je vois le cri muet de leurs désirs.

En elles, dans leur cœur, dans leur voix je m'abîme et je renais universel, je sens.

Par tous mes sens

j'assiste au prodige. Le monde est un encens. Nous brûlons sur l'autel des neuf Piérides, vous dis-je, nous sommes le vertige Humain qui tourbillonne, et prend un sens, au pied des sombres Lois de nos destins enceintes. Nous sommes le poème aux mots inachevés, dans cette vie, et moins vivants encore que rêvés Nous sommes des nuages, les images que promènent les vents sur la terre Et dont les dieux au ciel s'amusent, les grains ardents sur le brasier. Puis la fumée, et rien, à moins qu'en plein mystère Ressuscites extasiés

nous entendions chanter les Muses.

Un poeU : Morts vivantes, je vous adore. Mes âmes, que me voulez-vous?

Quelle est cette craintive aurore Dont je me sens le vague époux?

Pétri d'extase et de rosée

Quel monde intime sur mon cœur

Couche sa tète reposée ?

Le moment est trop beau... J'ai peur.

Dernière étreinte qu'on délie.

Bonheur qui viens dans un soupir...

11 est une mélancolie Dont les hommes peuvent mourir.

Les Muses . 11 est des dieux Les éléments ) Il est des Muses

L'espace et le temps i L'Homme vit

: TEMPS i

LLO\ ' Il

/iPOLLOX II meurt et ressuscite avec tout ce qu'il vit

iig

l'eau

La terre

l'air

Le feu

Trois Muses

Trois Muses

Trois Muses

L'espace

Le temps

Semons l'univers Q,ue germe au chaud des mers profondes Le pâle univers que tu rêves

Qu'il ruisselle de mes flancs verts Semons l'impalpable univers La vie est flamme

Gréons l'Homme et ses yeux vivants Créons L'Homme

Chantons L'Homme

Donnons-lui notre vie en flamme Donnons une âme

Semons l'univers

Buvons

Brûlons

Couronnons

Aux vents Semons

L'eau

La terre

L'air

Le feu

Le temps

Trois Muses

Trois Muses

Trois Muses

L'espace

Trois Muses

Trois Muses

Trois Muses

Le temps

Le chant des sèves

L'âme des sèves

L'encens des sèves

De flammes et d'encens l'autel flottant des mondes

L'univers

ni

En vous ouvrant, en vous fermant Paupières Vous unissez au firmament

Paupières Vous unissez au firmament

Les pierres

Et pierres

Les pierres On perd le monde en vous fermant Paupières

A chacun de vos mouvements

Paupières

S'anime S'anime

Le voile obscur des éléments

Paupières

Quel songe

Quel gouff"re L'abîme

Trois Muses

Trois Muses

Trois Muses

L'eau

La terre

L'air

;e) L'air j Le feu ( L'espace ^ Le temps }

Jusqu'à vous en montant du chaos Se prolonge En vous le chaos Et souffre

Au cœur des hommes et du chaos Ecume C'est l'Aphrodite en fleurs que roule mon écume Cérès s'entonce au rythme plein de mes genoux Tout ce qui me respire, ô dieux, est plein de vous Muses, sans vous Paupières, ouvrez-vous O Muses, vous bercez sur vos vastes genoux

Tout soufl're Tout souffre Le gouffre

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