AUX RES
2 Amibiase. — Après le paludisme, l'infection coloniale la plus fréquente est l'amibiase. Nous avons appliqué la même rigueur à l'identification de cette maladie. Remarquons que, en ce qui concerne la dysenterie amibienne, l’'hésitation est moins fréquente que pour le paludisme. Les manifestations quiaffligent les sujets atteints d'amibiase restent généralement mieux gravées dans ieurs souvenirs, sinon dans leurs organes. Parfois, nous avons pu nous aider de la constatation des kystes dans les selles, rarement de la présence d'amibes, et nous savons d’ailleurs qu'à la période aiguë de la maladie, la cure thermale est contreindiquée. Dans plusieurs cas, la commémoration d’un abcès du foie a pu préciser le diagnostic. Souvent, la relation de succès dus à l’émétine nous a permis de lever un doute.
En définitive, nous avons rencontré dans les antécédents de nos malades 31 fois la dysenterie amibienne, ce qui donne une preportion de près de 10 p. 100. Les 31 malades constituant ce lot d'anciens dysentériques présentaient :
20 fois une hyperglycémie légère ; 8 fois une hyperglycémie moyenne ; 3 fois une hyperglycémie supérieure à 1 gr. 60.
3° Association du paludisme et de l’amibiase. — L'association de ces deux infections est fréquente aux colonies et notre statistique en apporte 24 cas relevés Bet les malades des deux catégories précédentes.
Sur ces 24 cas, l'hyperglycémie s’est montrée : 15 fois inférieure à 1 gr. A1; 6 fois comprise entre 1 gr. Al et 1 gr. 60; 3 fois supérieure à 1 gr. 60.
4 Fièvre lyphoïde. — Bien que la dothiénentérie soit une affection relativement rare depuis qu'on pratique systématiquement dans l’armée la vaccination antityphoïdique, un grand nombre de nos malades, au moment de leur séjour à Vichy, étaient déjà d'un âge qui n’excluait pas la possibilité d’une atteinte éberthienne antérieure à la découverte de Chantemesse.
De fait, nous en avons rencontré 13 chez qui cette maladie a pu être relevée. 8 d’entre eux présentaient une hyperglycémie légère et 5 une hyperglycémie moyenne. Rapprochons de ces 13 cas celui d'un malade autrefois atteint de typhus exanthématique et dont la glycémie atteignait 2 gr. 15 en septembre 1927. Il s'agissait d’un obèse aux antécédents très chargés : paludisme encore en évolution, amibiase, typhus, éthylisme. Il présentait comme signes cliniques actuels une hépatite à tendancé scléreuse, de la splénomégalie, de l'hypertrophie du cœur et des troubles circulatoires périphériques; tension artérielle, 17 X 11 au Pachon; varices voluminieuses.
5° Alcoolisme. — Si nous nous étions bornée à noter l'intoxication alcoolique avouée, notre statistique aurait été peu chargée sur ce chapitre. D'autre part, l'alcoolisme, à notre avis, ne peut entrer en ligne de compte que s'il se traduit par la présence de stigmates certains. Nous avons particulièrement recherché dans ce Sens l'association de plusieurs des signes habituels de l’imprégnation chronique : pituites à jeun, rougeur du pharynx, varicosités des pommettes, raucité de la voix, vertiges, fourmillements des extrémités, hyperesthésies cutanées et musculaires, affaiblissement de la vue, amnésies, tremblements, rêves ou hallucinations. Dans 1 ou 2 cas seulement, des complications nerveuses (steppage, pseudo-tabes) ont précisé le diagnostic.
9 alcooliques avérés {soit 2,6 p. 100) ont donné : 4 cas d’hyperglycémie légère ; 2 cas d'hyperglycémie moyenne ;
3 cas d'hyperglycémie au-dessus de 1 gr. 60.
6° Gaz asphytiants. — L'intoxication par les gaz constitue un chapitre récent de la pathologie. Aussi les observations concer-
nant ses effets éloignés sur les viscères sont-elles encore rela-
tivement peu nombreuses. Le rôle rempli par le foie dans la neutralisation des toxiques le prédispose tout naturellement à réagir lorsque les poisons sont absorbés à doses massives. Nous
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n'avons donc retenu que les formes graves, ayant nécessité sur l'heure un traitement spécial et en particulier un séjour prolongé dans les formations sanitaires de l'arrière.
Nous en avons relevé 4 cas, dont 3 concernant des hyperglvcémiques légers, et 1 un hyperglycémique moyen. Aucun pourcentage ne saurait être établi, puisqu'une minorité seulement de nos malades se sont trouvés exposés aux effets des gaz toxiques.
En résumé, c'est au paludisme, puis à l'amibiase, puis à la fièvre typhoïde que semble revenir la plus grosse part de responsabilité dans l’apparition de l'hyperglycémie aglycosurique chez les sujets qui ont habité les colonies.