OBSERVATION XXXV
M. C., 59 ans. — Soigné depuis 27 ans, par le Docteur LECLERC, pour une grosse albuminurie, qui n'a cédé à aucun traitement. Il semble qu'il s'agisse d’une néphrite chronique instalée à la suite d’une scarlatine. Depuis trois ans il s’y joint un état angineux, sous forme de crises d’angor d'effort et d'angoisse nocturne. Au premièr examen, en juin 1930, on lui trouve une tension de 25/12 avec assez gros retard et plateau d'anacrotisme à 22. Le malade est d’ailleurs en mauvais état. [] a un énorme disque d'albumine, un gros cœur, un aorte large. Waserman négatif. Taux de l’urée sanguine 0,48. Le malade prend une crise d‘angine de poitrine au cours
QT | en
de ce premier examen. On peut se demander ce jour-là si le plateau n'indique pas un début de défaillance tensionnelle au cours d'une néphrite hypertensive. Le malade est soumis à une cure plus sévère: il fait un séjour de deux mois à Evian, s’y améliore considérablement.
Le 17 décembre 1930, on le revoit, sa tension est de 22/10, avec un plateau à 20; son cœur a diminué de volume de près d’un centimètre sur tout le pourtour du ventricule. gäuche. L'albüminurie qui persiste a subi de grosses diminutions et est passée de 4 gr. par litre à | gr. 50, et les crises d’angor ont à peu près complètement disparu.
Cette observation montre que même chez les hypertendus par néphrite chronique, l'élément spasmodique surajouté peut aggraver les troubles fonctionnels: cet élément spasmodique était ici vraisemblablement une des causes de l'angoisse.
Cette observation montre aussi que même chez ces,
hyperteñdus- par néphrite, une partie de l’hypertension, celle qui dépasse. le plateau d’anacrotiéme, peut être sans danger abaissée par le traitement.
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Ce chapitre des hypertensiors curables est de beaucoup le plus intéressant pour le médecin praticien. Il comprend en effet tous les malades chez lesquels le premier examen donne un chiffre de tension maxima for et même inquiétant : mais la constatation dès ce premier examen d'un plateau d'anacrotisme bas, avec retard très marqué et prolongé du pouls radial, l'absence aussi de signes de lésions rénales ou d'hypertension cardiaque, éclairent beaucoup le pronostic et l'on peut dès ce momert-là rassurer le malade, promettre presque à coup sûr un abaissement tensionnel, orienter le traitement vers les antispasmodiques plus que vers les tonicardiaques..
Il. — LES HYPERTENSIONS EN VOIE DE CONSTITUTION
A/ Observation déjà publiée
(Docteur BARBIER, Journal de Médecine de Lyon, janvier 1928.) :