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aortique : on sait que cete lésion valvulaire, par l’obstacle qu’elle met au départ du sang du ventricule, donne précisément à la pulsation artérielle le caractère de pulsus tardus ou de pouls anacrote.
Tracé sphygmographique d’un pouls du rétrécissement aortique.
La constatation du retard provoqué du pouls radial doit donc entraîner tout d’abord l’examen du cœur et la vérification de l’état valvulaire.
À ce sujet, POULAIN écrit, dans sa thèse sur la labilité tensionnelle systolique (Lyon, 1920)
« Le trou auscultatoire semble se produire de pré- « férence dans des cas de Rétrécissement aortique « serré, accompagné d'insuffisance aortique, cette « dernière lésion, par l’abaissement de la tension « diastolique facilitant probablement sa production. « On peut également le constater dans le Rétrécis- « sement aortique pur. Il ne semble pas que ce phé- « nomène soit un symptôme constant de la sténose « aortique, sa production demandant sans doute un « degré accentué de la lésion; des observations ulté- « rieures seules pourront montrer s’il est un symp- « tôme pathognomonique et si on peut le rencontrer
« dans d’autres circonstances. »
unes
Cette restriction était très justifiée puisque peu de
temps après, M. LiAN, à Paris, puis M. BARBIER, apportaient de nombreux cas de trou auscultatoire chez des sujets sans rétrécissement aortique.
M. BARBIER a montré, dans sa thèse sur La Métliode Auscultatoire dans l'exploration cardio-vasculaire, et dans différentes publications (notamment L'Etude clinique de la paroi artérielle) que l’anacrotisme constaté à l’examen d’un malade pouvait être d’origine pariétale. C'est ainsi qu'observant les vieillards de l'asile du Perron, M. BARBIER voyait ce phénomène du trou auscultatoire (signe de l’anacrotisme de la pulsation) se répéter chez presque tous les hospitalisés,
athéromateux.
« I est logique, écrivait M. BARBIER, de rapporter chez eux l’anacrotisme à la modification anatomique des artères. »
Mais il est des cas plus nombreux encore où le pouls anacrote et les signes qui l’accompagnent, se trouvent sous la dépendance, non d’une lésion cardiaque, non d'une lésion anatomique des artères, mais de l’état fonctionenl artériel, c’est-à-dire du spasme de cette paroi. |
Dans ces conditions, qui semblent réaliser en clinique la grande majorité des cas, les petits signes de l’anacrotisme deviennent un moyen de diagnostiquer l'hypertension spasmodique : M. BARBIER irait volontiers jusqu'à dire que c’est un moyen de doser l’élément spasmodique dans une hypertension.
Îl y aurait ainsi une grosse différence entre un hypertendu à 25/13 sans retard décelable, par conséquent
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sans anacrotisme, et un hypertendu avec les mêmes chiffres (25/13), mais avec un retard provoqué, et un plateau d’anacrotisme, à 20 par exemple.
Dans un cas il y a de grandes chances pour qu'il s'agisse d’une hypertension stable, inébranlable, lésionnelle : dans l’autre, on a affaire probablement à une hypertension variable :
Qu'il s'agisse d'un hypertendu moyen, à 20/13, présentant accidentellement un clocher à 25:
Qu'il s'agisse au contraire d’un hypertendu à 25/13 en train de commencer une involution tensionnelle, ou commençant une défaillance myocardique :
Ou qu'on ait affaire, ce qui est peut-être le cas le plus fréquent, à ces hypertendus spasmodiques, variables d’un jour à l’autre, chez qui l'élément variable est représenté par le clocher au-dessus du plateau de l'anacrotisme.
Ainsi la simple constatation de ce signe chez un hypertendu acquiert une valeur, sinon de diagnostic absolu, du moins de diagnostic probable.
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Intérêt pronostic.
Si au cours du premier examen, la constatation de l’anacrotisme acquiert un certain intérêt diagnostic, c'est surtout dans les examens suivants, dans la surveillance des malades, que se montre l'intérêt pronostic de cette séméiologie.
Tout d’abord, dans le pronostic tiré du chiffre tensionnel proprement dit, la recherche systématique du plateau d’anacrotisme permet de substituer au chiffre variable de Mx le chiffre plus stable, et de valeur plus réelle, du plateau d’anacrotisme.
Ainsi, pour garder la comparaisont entre les deux cas schématiques de tout à l'heure, l’hypertendu à 25/13 sans retard est, au point de vue pronostic, un hypertendu plus grave que s'il présentait un retard avec plateau d’anacrotisme à 20.
De même les variations, soit de Mx, soit du chiffre “ chez un hypertendu, deviennent plus explicables, et souvent moins grave le pronostic si l’on connaît la forme de sa pulsation.
Un hypertendu avec plateau à 20 est trouvé un jour avec une tension de 25, sans modification de son plateau, cela a la valeur d’une crise hypertensive, mais pas forcément d’une hypertension définitivement aggravée.
Un hypertendu à 25, mais avec plateau à 20, fait une chute tensionnelle brusque au voisinage de 20,
cela n'a pas la valeur d’un brusque effondrement de sa maxima puisque seul s’est modifié l'élément que nous savions variable.
Par contre, les variations du plateau d’anacrotisme doivent toujours être considérées comme influant sur. le pronostic. Ainsi, la lente ascension du plateau, d’un examen à l’autre, derrière un chiffre de Mx inchangé est l'indication d’une hypertension qui s'aggrave. De même l’abaissement du plateau, même derrière un chiffre de Mx non encore modifié, indique un début d'involution tensionnelle.
En résumé la recherche systématique du plateau d’anacrotisme portant sur un élément plus stable (Pression efficace, de PACHON) acquiert, au point de vue pronostic, plus d'intérêt que la simple notation du chiffre de la tension maxima.
Intérêt thérapeutique.
L'intérêt thérapeutique de ce petit signe de séméiologie tensionnelle découle directement de ce que nous venons de dire au point de vue diagnostic et pronostic. On pourrait, très schématiquement, opposer deux grandes catégories d’hypertension : les unes lésionnelles, stables, dans lesquelles il y a peu d'espoir de modifier le chiffre de Mx : il semble au contraire que ces malades aient besoin de ce chiffre de tension; s’il baisse, ils présentent des troubles, et le danger semble représenté pour eux par la défaillance possible du ventricule gauche ne fournissant plus l'effort nécessaire.
À l'opposé sont les hypertendus accidentels ou spasmodiques, qui souffrent au contraire lors de leurs poussées hypertensives. Il est fréquent de voir survenir chez eux à cette occasion une albuminurie transitoire qui disparaît lorsque la tension baisse. Ils présentent de la céphalée, parfois même du coma, lors -de ces gros à-coups hypertensifs. Chez eux le danger est dans l'hypertension. On peut sans danger, par contre, abaisser leur chiffre tensionnel.
La recherche systématique de l’anacrotisme, et son dosage, permettent souvent de séparer ces deux ordres de malades.
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