DAS LOUP
au cours de l’hypertrophie prostatique doit faire penser : au néoplasme et aurait presque dans ce cas la valeur d’un signe pathognomonique ».
Pourtant il n’est pas extrêmement rare de voir des hématuries spontanées se produire au cours de l'hypertrophie prostatique, et nous en rapportons plus loin toute une série d'observations.
Il faut donc vraisemblablement en conclure qu’à côté des rares cas ou c’est la prostate même qui saigne, il y ‘a place pour toute une autre série de cas, apparaissant au cours d’une hypertrophie prostatique, mais ou l’hématurie provient d’un autre organe que la prostate.
Dans ces conditions, nous avons eu l’idée de faine en quelque sorte la séméiologie clinique des hématuries qu'on voit survenir chez les prostatiques, en analysant pour chaque cas particulier l'allure clinique de l’hématurie, en déduisant sa signification diagnostique et enfin en remontant à la cause et:à l'organe qui lui avait donné naissance.
Nous nous sommes basé pour faire ce travail sur nos observations personnelles, sur deux cas que nous avions en traitement au service Civiale, et d'autre part, et surtout, sur les observations que notre Maître a eu la bienveillance de mettre à notre disposition, ce dont nous tenons à le remercier bien vivement ici.
Notre sujet nous a conduit tout naturellement à discu- ‘ter avant d'admettre l'hypothèse d’une hématurie d’origine nettement prostatique, tous les cas ou l’hématurie
provient d'un autre organe.
Lg
1)-Hématuries survenant au cours de l'hypertrophie prostatique, mais provenant d’un autre organe que la prostate.
Ces hématuries proviennent presque toujours de la vessie. Dans certains cas elles sont vésico-uretéro-pyéliques.
a) Hématuries d’origine vésicale.
Ÿ) I y aura lieu de prime abord, de penser, en dehors des hématuries provoquées, d’origine vésicale, dont le diagnostic se fait d'emblée, à certains cas ou la vessie distendue et congestionnée du fait de la rétention, peut donner lieu à des hématuries spontanées et terminales.
En dehors de ces cas, on se trouvera généralement en présence d'hématuries dues à une complication de l'hypertrophie prostatique, complication agissant sur la vessie :
Hématuries provenant de cystite, complication fréquente et pouvant donner lieu dans la forme aiguë, et même dans la forme chronique, à de petites hématuries.
Hématuries dues à des calculs, bien marqués en cas de calculs primitifs, elles sont au contraire très discrètes, dans le cas des calculs secondaires.
En dehors de ces deux cas, on pourrait être amené à envisager des hématuries dues à des tumeurs de la vessie : papillomes ou même néoplasmes, pouvant coexister avec l’hypertrophie prostatique et donner naissance à des hématuries spontanées. Nous en présentons plus loin quelques observations.
Nous ne faisons que citer ici les variæs vésicales, affec-
tion extrêmement rare, très discutée d’ailleurs, et qui
dans quelques cas aurait été la cause d’hématuries répétées. i
Dans un deuxième cas, l’hématurie pourrait être d'origine rénale, ou urétérale, mais il s’agit d'ordinaire là, d’hématuries provoquées, en particulier dans le cas de cathétérisme ex-vacuo, entraînant une hématurie à la fois vésicale et rénale, provenant en un mot de tout l'arbre
urinaire congestionné.
2) Restent les cas ou l’hématurie provient dé la pros-
late elle-même, et là, le diagnostic doit être ici particuliènement serré, étant donné la fréquence relative de la dégénérescence néoplasique de la prostate, qui, même dans ses débuts, est capable de provoquer de petites hématuries
qu'il faudra savoir rattacher à leur véritable cause.
En dernier lieu et tous ces diagnostics ayant été élimi-
nés, nous pouvons conclure, mais en dernier ressort, à une hématurie spontanée de la prostate et nous étudierons les modalités cliniques de cette dernière en nous attachant à montrer quelles sont les causes qui peuvent amener la
prostate à saigner dans ce cas.
LES HÉMATURIES AU COURS DE L'HYPERTROPHIE PROSTATIQUE, PROVENANT D'UN AUTRE ORGANE QUE LA PROSTATE
Rématuries d’origine vésicale au cours de l’hypertrophie prostatique
Ces hématuries se présentent sous deux catégories : les hématuries provoquées, relativement fréquentes, les hématuries spontanées beaucoup plus rares, Nous n'’insis terons pas sur les premières : il s’agit, en général, d’un
cathétérisme dans une vessie en état de rétention, cathété-
risme trop rapide et surtout trop complet, provoquant
par décompression brusque, une hématurie ex-vacuo, massive, formant rapidement des caillots, et provoquée par du sang provenant, non seulement des parois vésicales, mais encore de tout le reste de l’arbre urinaire congestionné par Ja rétention.
Les hématuries spontanées d’origine vésicale présentent des caractères bien particuliers : elles surviennent chez des rétentionnistes en général, parfois chez des proslatiques au début, après un excès de table ou de boisson,
après le coït, ou après un séjour au lit prolongé. En effet,