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Les possédés de Pledran, Progrès médical, 9 juillet

roui: hystérique épidémiqde.

surnaturelle, iraient à toutes jambes se jeter dans un jmit s situé dans la cour de la ferme et en remonteraient en se tenant aux parois, comme un singe; qui, parfois encore, grimperaient dans les arbres, graviraient avec une rapidité vertigineuse le sommet delà maison et se livreraient sur le faite des cheminées à une danse infernale accompagnée de cris sauvages. La plus jeune des filles, âgée de sept mois, ajoute le narrateur naïf, prendrait môme son élan dans les airs, si l'on n'avait pas la précaution de l'attachera son berceau. »

Quand on étudie attentivement l'histoire de ces possédées et de ces démoniaques, qu'il s'agisse de celles du moyen âge ou de celles d'aujourd'hui, on s'aperçoit vite que toutes les épidémies, si elles ne sont pas de tous points identiques les unes aux autres, ont cependant entre elles de remarquables analogies. Et d'abord, les phénomènes multiples et variés présentés par les malades sont des phénomènes hystériques : la chose n'est plus douteuse, et on observe dans l'hystérie vulgaire tous les symptômes, autrefois considérés comme extraordinaires, qui constituaient le fond du tableau clinique présenté par les démoniaques et les convulsionnaires.

A l'origine de toutes ces épidémies nous retrouvons deux conditions qui en dominent l'étiologïe : l'une qui reste constamment la même, c'est cette impressionnabilité, cette prédisposition aux crises nerveuses si commune chez la femme ; l'autre, différente dans samodalité, c'est une cause d'excitation susceptible de mettre en

jeu la prédisposition dont je parle. Ici, c'est la fui religieuse, secondée par les pratiques du mysticisme, c'est l'ascendant puissant que va exercer sur des imaginations maladives, grâce aux charmes de sa personne, à l'éloquence de ses prédications, aux vertus qu'on lui suppose, un Urbain Grandier (possédées deLoudun), — ou un diacre Paris (convulsionnaires de Saint-Médard); ailleurs c'est la croyance naïve aux effets d'un agent nouveau, d'un fluide magnétique, plus ou moins habilement exploitée par un Gassner ou un Mesmer.

Joignons-y cette tendance à l'imitation que possèdent les hystériques à un si haut degré, le bruit fait autour des phénomènes d'apparence surnaturelle, l'émotion produite par les pratiques arriérées destinées à couper court à la possession, les prières en commun, les jeûnes, les exorcismes, et nous aurons le secret de la diffusion dans une ville, ou à travers toute une contrée, delà persistance durant plusieurs mois et plusieurs années des phénomènes hystériques.

Si l'on envisage d'ailleurs ces phénomènes au point de vue de la physionomie qu'ils revêtent dans l'hystérie épidémique, on retrouve les caractères habituels de l'hystérie grave ou de la folie hystérique, tels que nous les avons décrits plus haut, avec cette particularité qu'ils se groupent en quelque soiV, dans une même épidémie, par suite de la tendance des malades à se copier les unes les autres.

Au moyen âge, à Aix-la-Chapelle, dans les Pays-Bas, les mouvements choréiformes dominent la scène ; — à Saint-Médard, dans les révivais et les camps-meetings

FOLIE HYSTÉRIQUE ÊPIDÉMIQUE.

américains, ce sont les phénomènes convulsifs ; — à Loudun, à Louviers, à Morzines, l'hystérie se traduit surtout par des manifestations délirantes, et là encore on observe l'incoordination dans les actes, l'incohérence du langage, l'excessive agitation, la mélancolie, les hallucinations, les impulsions irrésistibles que j'ai signalées dans la description du délire des hystériques : à Kintrop par exemple, les malades mordaient, frappaient, faisaient des efforts pour se jeter sur les étrangers et les blesser; — à Loudun, les religieuses pendant, l'accès démoniaque proféraient des blasphèmes, tenaient des propos lubriques; — à Louviers, les possédées voyaient pendant leur délire des flambeaux, des boules de feu, des animaux fantastiques, des personnages imaginaires. Les Ursulines de Loudun croyaient recevoir la nuit la visite d'Urbain Grandier; et on sait qu'il en a coûté la vie à ce malheureux, mais peut-être aussi trop peu prudent abbé, pour avoir figuré dans les hallucinations de ces hystériques.

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