AVENTURES ÉTRANGES
quelconque. Son espoir est que cet homme sera peutêtre malade, qu'il lui communiquera une affection contagieuse et qu'elle pourra à son tour contaminer son mari, l'accuser ensuite et plaider en séparation. — Une autre se réfugie chez une voisine et demande «à manger. Son mari vient de la tenir enfermée quarante-huit heures dans un cabinet noir. — Une autre va en province, met à la poste onze lettres anonymes et rentre. — Une autre écrit à un écuyer du cirque et reçoit une réponse, avec rendez-vous. Elle rentre avant l'heure convenue, montre la lettre de l'écuyer et exhorte son mari à aller tuer ce malheureux. Plusieurs attaques convulsives surviennent et la malade, dans son délire, se déclare la plus coupable de toutes les femmes adultères. — Une autre fait une fugue et va accuser son mari chez le commissaire de police du quartier d'avoir des penchants sexuels dénaturés.
Dans ces cas, comme dans beaucoup d'autres analogues, les enquêtes ont démontré que toutes les assertions émises étaient absolument fausses. Le témoignage d'une hystérique n'a qu'une valeur si douteuse !
Les fugues peuvent s'effectuer encore dans d'autres conditions. Ce ne sont plus des femmes qui vont furtivement quitter le domicile conjugal pendant quelques heures, mais ce sont des jeunes filles, appartenant à un milieu élevé de la société, qui vont tout à coup disparaître et séjourner longtemps loin de leurs familles.
Une jeune fille va consulter un médecin à jours fixes, attend dans le salon, passe à son tour, se plaint
FUGUES DEMI-CONSi [ENTES.
de souffrances imaginaires, demande à être visitée el se découvre presque aussitôt : c J'ai ma virginité, Lui «litelle ; eh ! bien, je vous la donne, car je vous aime. » A partir de ce jour, elle poursuit le médecin de ses obsessions les plus tenaces et les plus éhontées. Sa famille s'inquiète et la fait entrer dans un couvent, en province.
Une jeune fille profile de l'éloigneinent momentané de ses parents, sort seule, rencontre un ouvrier et se laisse accoster et conduire dans un hôtel. Elle y passe quelques jours, puis rentre dans sa famille, raconte en éclatant de rire ce qui lui esUirrivé et ne demande même pas à épouser l'homme indélicat qui a si facilement abusé d'elle.
Une hystérique de vingt ans, très exaltée, éprise d'un jeune homme dont ses parents n'ont point accueilli la demande en mariage, se sauve tout à coup du domicile paternel, marche droit à la gare de ***, prend le train express pour Paris, donne l'adresse de l'homme qu'elle aime et se t'ait conduire chez lui. Elle le trouve el est immédiatement placée par lui chez une parente âgée. La mère, prévenue télégraphiquement, arrive et déclare que sa fille ne pourra rentrer chez son père que dans le cas où sa pureté serait attestée par des médecins-légistes. Or, nous avons procédé, M. Brouardel et moi, à un examen minutieux de la jeune fille et nous avons affirmé par écrit la présence et l'état intact de la membrane hymen.
Une jeune fille, déjà compromise par des aventures qui avaient causé autant de surprise que de scandale,