FUGUES DEMI-CONSCIENTES
Paris. Elle noue dos relations éphémères avec des jeunes gens, dans les tramways. Un jour, elle disparaît et reste trois semaines absente. Elle avait suivi d'hôtel en hôtel un aventurier, portait une perruque blonde et avait les sourcils teints. Sa toilette était celle d'une Anglaise un peu excentrique. La famille recevait des lettres anonymes lui annonçant que la jeune fille était à la campagne, hors de France; qu'elle était tombée malade et eniin qu'elle venait de mourir. Au moment où on la retrouve, un prêtre réclame une somme d'argent qui lui aurait été volée par mademoiselle X. Le vol est énergiquement nié, la famille rembourse néanmoins el la jeune fille s'empoisonne, mais est rappelée à la vie. ,1e l'ai interrogée quatre jours après cette série d'événements; je lui ai fait préciser et décrire tous ses accidents hystériques et attaques convulsives, et j'ai noté chez elle une quiétude d'esprit tout à fait anormale, voisine de l'abolition totale du sens moral. Elle est incapable de se diriger sainement et librement, et j'ai été d'avis qu'il y avait lieu de la placer dans une maison de santé. Ces résumés de fugues renferment des détails bien peu vraisemblables ; mais la vérité clinique, en matière d'hystérie, dépasse de beaucoup les vraisemblances admissibles, celles, par exemple, qu'imaginent si grossièrement les feuilletonistes et les romanciers. On ne sait pas encore jusqu'à quel point les hystériques sèment d'amertume et de douleur la vie de leurs proches! Avec les apparences d'une activité raisonnable, une névropathe peut ne reculer devant rien et mettre en défaut la perspicacité des parents, des médecins eL des