VI — PRONOSTIC
Le pronostic de l'hystérie est plus sérieux que ne l'ont dit quelques auteurs, et Frank n'exprimait pas exactement la vérité, lorsqu'il représentait la névrose moins comme une maladie dangereuse que comme une affection désagréable.
Dangereuse ! à la vérité, elle l'est rarement en ce sens qu'elle n'aboutit presque jamais à une issue fâcheuse. Nous avons rapporté cependant des cas de mort consécutive à des accidents hystériques. Mais ils ne constituent qu'une minime exception. L'hystérie, surtout si elle est traitée, et bien traitée, a de la tendance à guérir. D'après Briquet, celle qui débute dans le bas âge durerait toute la vie, à moins qu'au moment de la puberté ou du mariage, il ne se produise un changement favorable. Quand la maladie fait son apparition de vingt-cinq à trente ans, elle a généralement une durée beaucoup moins longue.
Mais si cette névrose n'est pas à proprement parler une maladie dangereuse, est-ce assez dire que de l'appeler une maladie simplement désagréable?
Désagréable! soit, s'il s'agit de ce nervosisme léger qui n'entraîne après lui aucune conséquence sérieuse et qui n'entrave pas chez la malade le libre exercice des fonctions sociales. Mais, quand les symptômes sont plus prononcés, quand on a affaire à l'hystérie du second
550 PRONOSTK3 DE L'HYSTÉRIE.
degré', surtout à la grande hystérie, alors l'affection devient des j»lus sérieuses. Par les souffrances vives qu'elle détermine, les accidents auxquels elle expose, par l'impossibilité où elle met souvent les malades de vivre de la vie commune, d'accomplir leurs devoirs de mère ou d'épouse, elle crée à la jeune fille ou à la femme une situation particulièrement critique; elle sème dans leur famille des embarras, l'inquiétude et le chagrin; elle jette dans le ménage la désunion, ce qui fait qu'on a pu dire : « Malheur au mari d'une hystérique ! »
Et puis, les complications de différente nature, les troubles intellectuels plus ou moins graves, sont là toujours menaçants, et doivent constamment solliciter de légitimes préoccupations.
Non, l'hystérie n'est pas purement une maladie désagréable! C'est une affection toujours digne d'attirer l'attention du médecin, et souvent une affection sérieuse. Aussi, dès qu'on l'a découverte ou même soupçonnée, faut-il la soigner avec sollicitude. Ce n'est souvent qu'au prix d'un traitement méthodique et longtemps suivi qu'on pourra prévenir une fâcheuse aggravation des symptômes.
eu ai» mu-: vu i