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HYSTÉRIE ET MALADIES INTERCURRENTES

leurs modalités variées les symptômes complexes (Je la névrose, il est un fait que l'observation ne doit pas perdre de vue , c'est cette tendance à tromper, à en imposer à l'entourage, particulièrement aux médecins, tendance que nous avons indiquée plus haut, et qui est commune à la plupart des hystériques. A la vérité, si l'on n'a point exagéré (la chose serait difficile) la fréquence et le caractère impérieux du besoin de supercherie qui est l'un des traits dominants de l'état mental de ces malades, on a singulièrement abusé des laitdans les discussions qui ont été, à diverses époques, soulevées à propos de la névrose; quelques esprits sceptiques en sont venus jusqu'à nier qu'il soit possible de s'assurer de la réalité du moindre phénomène chez les hystériques. D'après eux, tout ici ne serait que simulation, et les observateurs qui se sont laissés aller à constater certains symptômes, à relever tels ou tels autres résultais physiologiques ou thérapeutiques, auraient été le jouet d'audacieii?es mystilications.

Certes, en la matière, la prudence est comm andée plus qu'en toute autre. Les précautions sont de rigueur; mais ce n'est pas ù dire qu'il ne soit possible de déjouer les complots ourdis par les malades et de paralyser leurs coupables intentions. On y arrive aisément à la condition de s'astreindre à une règle de conduite rigoureuse et de respecter scrupuleusement les préceptes dictés par l'expérience. Ces préceptes peuvent se réduire à de courtes formules : 1° se défier de tout symptôme qui ne s'explique pas par les lois connues de la physiologie pathologique, ou qu'on observe pour la première fois;

n'en admettre la réalité qu'après examens multipliés el souvenl répétés, après avoir soumis les malades à une surveillance attentive dont elles ne puissent Be douter; 8° suspendre tout jugement définitif jusqu'au jour où l'on aura rencontré le même symptôme avec des caractères analogues ou identiques chez des hystériques qui n'ont pu entrer en rapport avec les premières; o° enfin varier les procédés d'exploration, en se servant autant que possible des plus compliqués, de façon cà enserrer la malade dans une sorte de trame dont elle puisse difticilement s'échapper, si elle n'est pas sincère.

C'est ainsi, par exemple, qu'on se mettra aisément à l'abri de la simulation de l'anesthésie en explorant de préférence la sensibilité au niveau du dos, en piquant alternativement et avec rapidité l'un ou l'autre côté; en utilisant les lois, aujourd'hui connues, qui régissent, chez les achromatopsiques, la disparition et la réapparition des couleurs, ou celles qui président au retour de la sensibilité sous l'influence des agents eslhésiogènes, et dont nous parlerons plus loin ; c'est ainsi encore qu'on évitera la simulation du sommeil hypnotique en mettant à profit l'hyperexcitabilité musculaire, qui en est une manifestation, comme nous l'avons vu plus haut.

C'est pour avoir obéi aux règles qui précèdent et s'être servi des procédés de vérification que nous venons d'indiquer, qu'on a pu maintes fois surprendre des malades en flagrant délit de fraude ; aussi bien n'estil plus permis de se retrancher derrière un scepticisme qui serait certainement arbitraire, pour nier les faits

PRONOSTIC DE L'HYSTÉRIE. 5i0

constatés dans des conditions d'observation scientifique rigoureuse.

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