‹ Les hysteriquesChapitre 23 sur 265 · INFLUENCE DE LA CONSTITUTION PHYSIQUE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA CONSTITUTION PHYSIQUE

chacun, suivant ses idées théoriques, l'a envisagée à sa façon. « Ces femmes (hystériques), dit Louyer- Villermay, ont un teint hrun très coloré, des veux vifs et noirs, la bouche grande, les dents blanches, les lèvres d'un rouge incarnat, les cheveux abondants, le système pileux bien fourni et de couleur de jais, les organes sexuels très prédominants et beaucoup de liquide spermatique. »

Pour Sydenham et Lorry, au contraire, l'hystérique est habituellement pale, maigre, débilitée; c'est aussi l'avis de Copland. A qui se fier entre ces opinions contradictoires? Le plus sage est encore de ne croire personne, et de constater avec Dubois (d'Amiens) « qu'il n'existe pas de constitution hystérique comme l'entendent les auteurs. » 11 suffit en effet d'avoir, sans parti pris, examiné un certain nombre de malades, pour se convaincre qu'elles difterent profondément les unes des autres par la taille, le poids, l'embonpoint, la coloralion des cheveux et de la peau.

On a beaucoup disserté sur le rôle qu'on attribuait, — gratuitement, nous allons le voir, — à certaines lésions organiques, particulièrement aux lésions des organes génito-urinaires, dans la production de l'hystérie. On a tour à tour considéré les affections de l'utérus, des ovaires et du vagin, puis les maladies générales ou à localisation, comme la fièvre typhoïde, la variole, les pneumonies, comme jouant le rôle de causes prédisposantes. Les longues discussions auxquelles se sont livrés, sur ce sujet, les auteurs qui se sont occupés delà question, ne sont plus guère de mise aujourd'hui et

■ii CAUSES PREDIS POSANTES.

ont certainement vieilli. Ce qu'on sait bien, c'est que les affections incriminées, quand elles interviennent, ne le fonl que par l'intermédiaire de l'anémie el de la débilité qu'elles traînent à leur suite. Or, la débilité et l'anémie sont des conditions qui favorisent l'irritabilité du système nerveux. A ce point de vue, les lésions des oruanes génitaux n'ont pas un autre mode d'action que celles des poumons par exemple, et, si elles prédisposent à la névrose, c'est que, comme l'a dit Scanzoni1, « par les souffrances prolongées qu'elles provoqent et par l'altération dans l'hématose qu'elles suscitent, elles amènent l'alïaiblisscnent de la constitution, l'état chloro-anémiquc etpar suite l'état hystérique. »

Aussi ne saurions-nous admettre, sans faire de sérieuses réserves, l'opinion qu'a tout, récemment développée devant le congrès médical international de Londres 1 1<X<X| , M. Giaily Hewitt. D'après ce médecin, dont nous nous contenterons de résumer ici les conclurions, la cause excitante des attaques d'hystérie et d'hystéro-épilepsie est une torsion de l'utérus, soit par une antéflexion, soit par rétro-flexion. Ces attaques sont le résultat d'une irritation réflexe produite par la compression et la tension des tissus utérins, le corps de la matrice •'•tant courbé d'une façon exagérée sur le col. M. Giaily Hewitt fonde sa manière de voir sur l'étude de quatorze cas, dans lesquels il a constaté la coïncidence de l'hystérie et d'une déviation utérine. Le

1. Scanzoni, Traité ]iralique des maladies des organes sexueli de la femme, Paris, 1858.

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