‹ Les hysteriquesChapitre 242 sur 265 · NYMPHOMANIE PERSISTANTE · texte numérisé non relu

NYMPHOMANIE PERSISTANTE

un véritable délire mélancolique, d'où elles ne sortent que pour devenir de nouveau le jouet de leurs irrésistibles penchants.

D'autres, l'accès passé, semblent jouir de la plénitude de leur intelligence et avoir recouvré un calme complet, mais, qu'on les questionne ou qu'on ramène la conversation sur les sujets qui touchent à leur délire, aussitôt l'imagination s'exalte, l'attitude redevient provocante et l'utéromanie reparaît.

Ces intervalles lucides sont d'autant plus fréquents, plus prolongés, que la maladie est moins profonde.

Quelques exemples feront bien saisir les modalités diverses et les nuances variées de cette fâcheuse monomanie.

OBSERVATION III1. — Nymphomanie ayant persisté pendant toute la vie. — Dérèglements sexuels jusqu'à l'extrême vieillesse.

Madame V..., d'une stature ordinaire, de forte complexion, ayant une expression de physionomie très convenable et beaucoup de politesse dans le dialogue, une grande tenue dans son maintien, entre à laSalpêtrière à l'âge de soixante-neuf ans. Elle s'y fait remarquer dès l'abord par sa bonne tenue et son assiduité au travail. Rien sur la figure, ni dans les actes, n'a jamais pu faire soupçonner le moindre désordre. Mais cette femme, parfaite quand elle estenfermée, est absolument incapable d'user de sa liberté.

Toute sa vie, dès son jeune âge, elle a recherché les hommes, et s'est abandonnée à eux. Jeune fille, elle les provoquait; elle désolait et humiliait ses parents par son avilisse-

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